Verdun – Ganac : D’une chapelle à l’autre…

publié le 21 août 2017 à 01:07 par Banda Bomberos de Ganac

Avant de revenir à Ganac, en fin d’après midi pour une participation attendue à Ganac’Arts 2017, nous mettons le cap, en cette matinée ensoleillée, vers le petit village de Verdun, blotti entre montagne et rivière, tout près de sa petite sœur, Les Cabannes, au nom évocateur de jeux d’enfants, située sur  la voie royale du Pas, dépositaire géant de cigarettes, de beurre et de gazole…  

 

Monsieur le maire et monsieur le curé, nous accueillent près de la magnifique église médiévale, classée monument historique en 1910, comme l’indiquent les guides touristiques…

De style roman, l’église, massive, présente des voûtes impressionnantes et des fresques géométriques que dévoile, de-ci, de-là, un crépi défraichi que beaucoup aimeraient décrocher, tant les promesses, outrageusement dissimulées, semblent  spectaculaires...

 

Chaque chose en son temps !...Visiteur, souviens-toi !...

 

Happés par la beauté des lieux, et alors que nous entamons une rapide visite du monument, nous sommes attirés par une plaque commémorative d’un tragique événement survenu en 1875…

Un temps pour chaque chose et, loin  d’oublier la raison de notre présence dans ce lieu, Michel entreprend  la traduction du texte écrit en latin…

Une inondation  catastrophique est survenue le 23 juin 1875. 71 personnes ont péri noyées et 13 corps ont disparu à jamais, dans leur linceul de glaise…

Je reçois cette information comme un coup de poing et je prends conscience,  une fois de plus, de beaucoup d’ignorance sur l’histoire de notre département…

 

Un placement compliqué…

 

La voix de notre président, d’ordinaire si feutrée,  raisonne remarquablement sous ces voûtes ancestrales…

Donc, sauf volonté évidente de croiser le fer ou problème d’enclume défectueuse reconnu par la faculté, nous montons nos pupitres  à la droite de l’autel, seul véritable endroit pour accueillir quinze musiciens…

Dommage qu’un énorme pilier nous empêche de voir l’assistance…

L’idée, extrêmement positive, qu’aux Chorégies d’Orange, les musiciens ne font pas mieux, n’offrant, de la fosse, que la vue de leur crâne plus ou moins dégarni à un  public venu là, plus pour le son que pour l’image, apaise mes doutes…

L’ordre des morceaux est validé par monsieur le curé qui en fixera par ailleurs les différents départs d’un geste discret mais au combien salutaire, tant mes souvenirs d’enfant de chœur sont éloignés…

Tout s’enchaine dans des nuances adaptées et la marche de Weber met un terme, tonique, à cette première partie, sous les applaudissements et les remerciements appuyés de monsieur le curé…

 

Devoir de mémoire…

 

Nous sortons de l’église après les nobles recommandations de monsieur le curé pour nous retrouver sur le seul endroit le moins pentu du village…

Il faut dire que le village est situé sur deux niveaux et, de toute évidence, nous ne sommes pas sur celui prévu pour la pétanque…

Nous surplombons légèrement le monument aux morts, que les porte-drapeaux et la totalité du conseil municipal ont rejoint…

Juste le temps pour nous de préparer nos lyres et pour  monsieur le maire de déposer une gerbe de fleurs au pied de la plaque commémorative, que, déjà, nos amis, Alain et Lionel, lancent la sonnerie, claire, puissante, émouvante  sur le roulement régulier de la caisse claire, pour finir, après un décrescendo impressionnant, sur une tenue presque inaudible, et introduire  immédiatement une Marseillaise époustouflante qui raisonne encore dans toute la vallée ou presque…

Puis, et au terme du traditionnel discours, viennent les remerciements, appuyés et élogieux, dont on se lasse jamais…

 

Hégoak, en toute liberté…  

 

Pas de grands déplacements, aujourd’hui…A peine les talons tournés et nous voilà déjà prêts pour l’animation de l’apéritif qui doit marquer la fin de trois jours de fête…

Le décor que nous avons devant est carrément exceptionnel…Les rochers du Quié  qui dominent la vallée, semblent sortis d’une carte postale…

Un vaste chapiteau ne laisse aucun doute sur le programme des festivités…

La buvette semble au top de son activité…A l’ombre des platanes, les tables rondes sont prises d’assaut …Il ne manque plus que les cigales et peut-être là, ou encore là, les personnages de Marcel Pagnol…

 

Cette placette ombragée se prête à merveille à notre répertoire…

Les enchaînements astucieux de valses, de pasos, et autres marches et tangos, façon « bomberos » confèrent à cette animation un merveilleux goût de bal musette…

 

Un de nos morceaux, Hégoak, hymne basque à la liberté, va croiser, le temps d’une chanson, la réputation des falaises de Quié, habitat privilégié de nombreux rapaces…

La liberté, symbolisée par l’oiseau, libre de ses mouvements, prend ici tout son sens, dans ce décor magnifique…

J’assume évidemment l’entière responsabilité de ce rapprochement…

J’assume également la liberté, plus marquée que d’habitude, que nous avons réservée à l’interprétation du morceau…

Nous terminerons l’animation avec tous les membres du comité des fêtes autour d’un repas froid, ravis d’avoir découvert un nouveau joyaux de cette vallée si hospitalière…

 

Ganac’ Arts 2017 : Rendez-vous en terre connue…

 

Nous quittons Verdun et son église Saint Blaise pour Ganac où nous nous sommes attendus pour clôturer la journée Ganac’Arts dédiée à «  l’art musical et pictural »…

La partie musicale de la journée se déroule traditionnellement dans l’église Saint Jean-Baptiste, alors que sur la place, beaucoup d’artistes soumettent leurs œuvres au jugement  attentionné des visiteurs…

Pour nous, c’est  donc naturellement dans le chœur de la chapelle  que nous nous installons, et cette fois, avec une vue parfaite de l’assistance… Après une rapide adaptation, l’effectif au complet, se prête à quelques derniers raccords…Depuis une semaine maintenant, le principal est mémorisé, et seuls, de petits signes de nervosité devraient vite disparaître avec les premières mesures…

En attendant l’horaire prévu, nos amis ganacois, heureux de nous retrouver si vite après la somptueuse fête du village, nous manifestent, comme toujours de sincères réconforts...Nous sommes à la maison et tout devrait bien se dérouler…

Nous allons proposer dix morceaux d’univers différents…

Des morceaux classiques, plus solennels, des musiques de films, plus légères, du traditionnel et pour finir un « se canto » mémorable, repris par l’assistance, complètement acquise…

 

Ainsi se termine une journée musicale bien chargée… Nous prendrons congés après un regroupement dans le salon d’accueil de la Mairie où monsieur le maire et ami  musicien, nous souhaitera une fin de saison sous les meilleurs vents possibles…

 

 

A bientôt, pour une musique plus…pétaradante.

 

Gégé

 

 

 

 

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