Une Cumparsita au pays du textile

publié le 12 juin 2013 à 12:01 par Banda Bomberos de Ganac

Nous arrivons juste après un gros orage porteur de grêle.

Le premier effet de ce temps pourri est de retenir les citadins chez eux. En effet, il paraît impensable que la population villeneuvoise soit réduite à quatre adultes, une fillette et…un couple de papy et mamy, ravis de voir leur célèbre voisin, Michel, ailleurs qu’au musée du textile dont il est le président…

Nous avançons sous un chapiteau protecteur et, disciplinés, nous adressons nos premières notes à nos hôtes avec l’immense espoir que la belle Serena Williams nous renvoie au plus vite le public tellement attendu.

Les encouragements nous manquent mais l’attraction suscitée par nos toniques interprétations produit, timidement, l’effet escompté...

Une étrange silhouette devient vite le centre d’intérêt du rassemblement.     J’ai une idée pour ma prochaine coupe, façon Roonny, avec l’assiette en moins…

Imperturbable, le groupe poursuit l’aubade…

Tour à tour les anciens morceaux reprennent du service et n’ont pris aucune ride. Leur mise en réserve a eu sur eux les mêmes effets que sur une bonne bouteille.

Les nouvelles partitions ne sont pas délaissées bien au contraire. « Soul Finger » sort très bien. Le morceau est technique et nous avons les techniciens pour envoyer. La « Camisa Negra » est bien à notre taille. Le nouveau paso régale l’auditoire…

La « cumparsita », le tango le plus célèbre du monde, va être déclinée pour la première fois en public, dans sa version chorégraphique…

Je revisite à ma façon l’histoire du chef d’œuvre de Rodriguez.

Notre chef Pascal délaisse son instrument et se présente, fier comme un hidalgo, à la recherche de sa future conquête… Une féline méditerranéenne le provoque… Soudain tout s’enflamme… Le zazou avance, arrogant, avec entre les dents, une brindille de laurier rouge, tirée sans délicatesse  d’une haie toute proche par notre entremetteuse présidente… L’intrigue est à son comble… Le compagnon éconduit de la belle n’accepte pas de partager… Deux saxophonistes, instruments en bandoulière, stoppent désormais toutes tentatives de récupération… Le tango se déchaine. On s’imagine sur les trottoirs de Buenos Aires…

La casquette des Bomberos et la trompette du playboy placée en entrave entre les genoux de l’amoureux sont à mes yeux les seules touches « modernes » de la mise en scène.

Si le chef récupère un panama et si la belle se découvre un tant soit peu, je crains le pire…Aie ! Aie ! Carine !... Tça tsent le tsang …êêêcarlate !!!

A ce moment précis l’ami Pierrot me souffle à l’oreille : Richard a du « désespoir plein la trompette »… Je ne peux m’empêcher de penser aux dernières paroles de ce tango mémorable :

                                                          « Dis-moi, petite, qu’a tu fait

                                                             De mon pauvre cœur ? » …

Et dire que dans quelques minutes, avec cinq amis Bomberos, nous serons plongés, dans l’univers de Verdi et de Wagner, sous la baguette du directeur de l’harmonie de Foix.

Exceptionnellement, aujourd’hui, nous passerons de la Cumparsita à la Traviata...

Nous retrouverons ainsi les thèmes éternels qui font le succès de ces œuvres…

Pour moi,  tout à l’heure,  Stéph sera Violetta, Richard sera Alfredo et pour une fois, Pascal prendra le mauvais rôle du triste sire, le baron Douphol…

Au diable les puristes, ce soir c’est moi qui distribue…

Tard dans la soirée, nous rejoignons le groupe et son registre habituel dans la salle des fêtes de Serres... De nombreux témoignages d’amitié nous vont droit au cœur… Colette anticipe pour nous un encas rapide et excellent et nous finiront cette journée mémorable évidemment en musique entourés de nos sympathiques supporters de la vallée de la Barguillère.

A très bientôt aux portes de la Camargue.

Gégé

 

 

 

 

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