Toques et clochers à Cépie

publié le 19 mai 2017 à 14:50 par Banda Bomberos de Ganac

Nous voilà réunis une nouvelle fois au pays de la blanquette, à Cépie plus exactement, à l'occasion du traditionnel rendez-vous des «  Toques et Clochers » qui, chaque année, porte au plus haut les qualités de ce vignoble exceptionnel et le savoir faire de ses créateurs...

Une quarantaine de villages organisent à tour de rôle la manifestation qui attire chaque fois grand nombre de visiteurs...

Une importante vente aux enchères, de renommée internationale, du pétillant élixir et un impressionnant dîner de gala sous la baguette d'un chef étoilé, clôturent les réjouissances...

Il est de règle que l'argent récolté participe au financement de projets d'entretien du patrimoine local...

Cette année, ici, à Cépie, une magnifique fresque liturgique ornant l'église du village, devrait retrouver son éclat d'antan au terme d'une délicate restauration...


A Cépie, c'est pis que ça !...


Samedi 8 avril, 15 heures, parking du Super U, un 4x4 sombre se gare lentement...

Deux hommes, une femme... A l'écart, une Toy bleue marine ... Sur le volant, les pieds d'un corps visiblement endormi …

« Eh ! Colette, comment vas-tu ?... Y-a longtemps que t'es là...»

Puis deux autres voitures et enfin le reste de la troupe dans un rutilant mini bus aux mains de Claude, dont rien n'indique, pour l'instant, à part la casquette, qu'il fait partie des Bomberos de Ganac...

L'horaire est respecté et si les renseignements fournis par internet sont exacts, nous serons sur place à 16 heures...

L'itinéraire choisi s'écarte du gros de la circulation, sur des collines verdoyantes où, très vite, les vignes vont devenir la composante essentielle du paysage...


Nous sommes dans les faubourgs de Limoux...

Deux énormes giratoires, symétriquement opposés, protègent l'entrée du petit village de Cépie...

Consignes de sécurité obligeant, c'est sur le premier qu'un impressionnant dispositif de Gendarmerie nous attend...

Nos laissez-passer spécialement attribués, n'y changeront rien...

Pis encore, la maréchaussée, fermée à toutes négociations, nous dirige de l'autre côté, vers un parking, certes réservé, mais éloigné de la fête...

C'est dans un champ poussiéreux que nous trouverons de rares places...

De là, nous emboîtons le pas d'une foule impressionnante que déverse en permanence des navettes de bus venus essentiellement de Limoux, la grande sœur toute proche...

Pis encore, la presse locale estime à 45000 visiteurs sur les trois jours...

De ce côté aussi, le contrôle de sécurité est extrêmement important...

Des militaires et pis encore, des passages obligés entre des files de barrières, des blocs au sol, bref, les événements récents n'autorisent aucune légèreté...


Clarinette pendue en médaillon, j'ai en charge la batterie de Lionel que je porte fièrement sur le ventre en espérant que la jeune gendarmette qui, depuis le début du périple, n'a d'yeux que pour moi, ne me demande de tout lâcher pour investigations plus rapprochées...


« Emportés par la foule... »


Notre président se met à la recherche de l'organisateur dans ce courant humain qui nous entraîne au même endroit...

Après les consignes de notre commanditaire, nous nous trouvons dans la rue Jean Moulin...

Rue étroite, pareille à d'autres, d'où nous apercevons la petite église à la façade jaune où probablement des artistes de génie reviendront, demain, au chevet de la fresque,objet de toutes les attentions...

Nous réussissons par magie à limiter notre espace entre un étroit trottoir et une sorte de caniveau central pour enfin commencer...

Très vite nous devenons l'attraction et le flot se renforce avec ses chaleureux témoignages de sympathie qui contrarient par moment et sans le vouloir le déroulement du répertoire...

Dans cet océan de notes pris au piège de cette rue étroite, nous nous perdons parfois...

Le premier« caveau » à l'effigie du Sieur d'Arques, omniprésent, n'est pas loin...

Près de moi, deux jeunes musiciennes relèvent le défi, verre à la main, de déchiffrer ma partition...

Le répertoire se poursuit dans cette ambiance de fête permanente jusqu'à une courte pause que nous mettrons à profit pour découvrir la restauration rapide cépinoise...

Pour l'instant, la principale préoccupation est de trouver le barbecue...


A la santé d'Emilie...


Nous reprenons notre prestation rue Doumergue, et cette fois dans la cour d'entrée d'un autre « caveau », lui aussi très fréquenté...Ailleurs, l'alternance se fait avec les autres groupes...

L'excellent breuvage, servi à la carafe, est encore mieux qu'une cure de vitamine C...


« Les yeux d’Émilie » déclenche une ovation chez des jeunes qui en redemandent...

A la fin de « l'Encantada » un spectateur, visiblement ému, me gratifie d'une tape dans le dos en disant : « Merci pour Nadau... »

Des applaudissements appuyés saluent le « Petit café », standard de Jo Dassin...

Bientôt la nuit tombe sur la fête et nous quitterons la rue sur un dernier Vino Griego avant de laisser la place à nos amis percussionnistes, chargés à leur tour, de prolonger la soirée sur des rythmes différents...

Il est 21 heures !...Nous rejoignons nos voitures, soulagés et fiers du travail accompli...


Prolongations pour certains, retour minuté pour d'autres, cette première sortie, au pays de la blanquette, restera une nouvelle fois un excellent souvenir et un bon présage pour la saison qui s'annonce...


A bientôt.


Gégé



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