Toques et Clochers 2019 à la Digne d’Amont.

publié le 29 avr. 2019 à 03:02 par Banda Bomberos de Ganac

Après le drame de Trèbes et l’annulation, pour des raisons de sécurité, des Toques et Clochers de Loupia, c’est à La Digne d’amont, cette année, que les vignerons du Sieur d’Arques s’apprêtent à relever le défi avec des enchères qui s’annoncent déjà exceptionnelles...

Situé lui aussi dans la proche périphérie de Limoux, le petit village est bâti autour de sa chapelle Sainte Colombe, dont les historiens remontent l’héritage à l‘époque des Wisigoths.

Il est traversé par le Cougain, petite rivière de bien triste réputation, puisque,

subitement transformé en torrent tumultueux, il participa en octobre dernier, en quelques heures, et avec une violence inouïe, aux funestes projets de l’Aude, devenue en une nuit, un fleuve dévastateur laissant derrière lui une vallée meurtrie, à jamais gravée dans nos mémoires…


Aujourd’hui 13 avril, nous avons rendez-vous sur le vaste parking du supermarché de Verniolle à un horaire établi avec prudence, compte tenu d’un itinéraire imposé, sinueux et vallonné …A l ‘exception d’une poignée de musiciens, le groupe, impatient et très motivé pour cette première sortie de la saison au pays de la blanquette, se rassemble autour du président pour d’ultimes consignes …

Plus question de musique, la check-list est consacrée au nombre de repas, de boissons, de capacité du minibus, de covoiturage, de lyres, de partitions…

Un clin d’œil particulier à Mégane, pétillante cornettiste, à la tête bouclée de cheveux noirs et brillants, comme tirés d’ une pelote de laine angora, à la toujours souriante Justine toute auréolée de son premier prix de trompette, récompense suprême d’une année de travail, tout comme son amie Eva, la petite fille de Michel, au piano quant à elle, dont l’incroyable prestation, capturée à la sauvette, me touche énormément, et enfin à Jacques, notre baryton-baroudeur, artisan de notre mémoire visuelle, toujours en quête de magnifiques clichés...

C’est aujourd’hui le baptême du feu pour nos trois amis qui, pour l’instant, semblent aborder le challenge dans d’excellentes conditions sous la haute protection du groupe tout entier…Juliette, inconditionnelle groupie, accompagne aujourd’hui son papa clarinettiste, chargé pour cette fois du transport de l’imposant chariot de notre batteur…


L’accès au village confirme les difficultés annoncées. Nos tenues rouges, passeports privilégiés, n’auront raison des strictes mesures de sécurité appliquées à la lettre par les gendarmes…

Nous nous résignons à faire une boucle d’une dizaine de kilomètres pour arriver de l’autre côté du village où nous sommes orientés vers un grand champ en guise de parking…

La pluie des derniers jours a tenu ses promesses et le sol ressemble plus souvent à une tourbière qu’à un chaume asséché…

Nous sommes à cinq cents mètres du centre du village…Tout à l’heure, nous serons les premiers à jouer…

L’organisateur se fait attendre… Nous meublons en prenant la pose sous l’œil expert de Jacques, puis, instruments montés, nous anticipons le mouvement un peu au hasard, avec l’aide d’un plan qui n’est précis que pour les Dignois…

Sortis de ce parking de fortune, arrive enfin le gaillard, perché sur sa bicyclette avec de bien beaux arguments …

D’abord le petit morceau de papier qui fait toujours plaisir au trésorier, puis des tickets colorés distribués avec une rigueur de comptable et enfin, index tendu, la direction officielle du théâtre des opérations…


Premiers jours du printemps, premières véritables sorties sous ce soleil sans concurrents et déjà énormément de monde dans les rues étroites du village pavoisées aux calicots du « Sieur d’Arques »…

Au hasard d’une rue, nous retrouvons Pat, fidèle « pompier » qui restera avec nous jusqu’à la fin …


Malgré les adresses fléchées des débits de boissons non alcoolisées, l’essentiel de la consommation a des couleurs bien plus pâles que les sodas à secouer…

Les bulles sont omniprésentes…Le Pas de la Case est très loin et le jaune n’a pas la même intensité…

Très vite, l’équation- soutien au commerce local et température estivale- a la solution attendue et apparemment cette solution a été largement anticipée vu l’importance des services de secours et de sécurité…


Nos deux premiers carnets sont joués devant un public nombreux, tout près d’un des quatre caveaux que nous animerons à tour de rôle...

Nous partageons l’après midi avec d’autres groupes et c’est avec surprise et bonheur que nous croisons Jeannou et son hélicon qui, comme toujours, fait des prouesses mais cette fois avec d’autres musiciens…

Nous avons de plus en plus de mal à progresser dans ces petites rues avec, en ligne de mire le panache blanc de notre président…

Le moment n’est pas à la contemplation ! Si tu perds un rouge, tu perds deux morceaux et inutile de téléphoner, il vaut mieux attendre et prier pour que Pat arrive au plus vite…

Michel, pourtant grand connaisseur de l’étoile polaire, vient d’être récupéré un peu dans ces conditions, juste avant la demande de rançon…

Cette remarquable exfiltration a quelque peu occulté les merveilleuses pommes de terre au four accompagnées, au choix, de gésiers ou de lardons et les deux crêpes immenses qui ont rassasié les plus gourmands comme quoi, le dicton « Il vaut mieux faire envie que pitié » est désormais vérifié…Donc, question envie, on remettra le couvert plus tard !...


Nous jouons nos derniers morceaux sous un éclairage blafard, pour un public toujours réceptif que nous quittons, satisfaits de cette première grande sortie de la saison…

Nous reprenons le chemin, le nez dans les étoiles…

Michel, légèrement agacé du manque d’intérêt momentané de Colette pour la lecture du ciel, elle pourtant si experte, nous montre la ceinture d’Orion, ses jambes, ses épaules et nous laisse imaginer l’arc qu’il tend, malheureusement caché ce soir par la montagne…

Le puissant faisceau de la lampe torche d’un agent de sécurité nous ramène brutalement sur terre…Dommage ! On aurait bien voulu en savoir plus !...

La sortie se termine où elle a commencé, sur le parking de Verniolle, dans une joie non dissimulée…

Bonheur décuplé pour nos nouvelles recrues qui garderont un excellent souvenir de ce déplacement en terre audoise, terre d’accueil qui aime les musiciens et où la fête a toujours le dernier mot…


A bientôt pour une nouvelle répétition pour ne pas perdre la main…



Gégé


Comments