Sortie camarguaise

publié le 24 juin 2013 à 05:26 par Banda Bomberos de Ganac   [ mis à jour : 24 juin 2013 à 06:05 ]

Ganac, 3heures du matin...

Lui : Hé  beh ?...Mais … qui peut bien foutre ce raffut à cette heure ?...

Elle : Hé, tu sais bien, ils partent pour Istres aujourd’hui !...

Lui : Ils y sont tous ?...

Elle : Attends!... Il y a…et aussi…Tiens ? Il n’ya pas…a beh mince !...

Lui : Ya celui de Montauban ?...

Elle : Ouais !...Et même que c’est lui qui parle le plus fort…Quand même ! A cette heure !!!

 

Braves Ganacois, je vous demande pardon.

Dans cette plaine de basse Ariège, si chère à mon cœur, la voix portait toujours plus haut qu’ailleurs. Il fallait contrer l’autan ou la tramontane. Quelque chose a dû me rester….

Oui, nous partons, ce matin encore, pour porter au plus haut la renommée du village…

(Oh là ! Gégé !  Doucement, on se calme …)

Nous roulons vers la mer et bientôt les énormes éoliennes et leurs bras, pour l’instant  immobiles, se détachent sur l’aube rouge. Nous sommes en vue de Lézignan où nous attend Jérémy, le dernier bomberos inscrit pour la journée…

Le voyage s’effectue en toute sérénité…Le casse-croûte est fidèle à sa réputation… Nous trouvons Richard ...renversant.

9 heures et demie, l’heure de rendez vous avec l’organisateur est respectée avec une précision diabolique malgré une signalisation routière douteuse sur la fin du parcours…

Nous prenons nos quartiers dans un impressionnant gymnase…

Istres m’apparaît comme un gros village provençal, au bord de l’étang de Berre d’où surgit un jet d’eau qui rappelle Genève, tête de proue du lac Léman. La comparaison s’arrête là…

Une porte romaine monumentale est l’élément caractéristique du centre ville. Nous partageons nos différentes stations avec les autres bandas à proximité d’une fontaine verdoyante, cernée par des commerces. Visiblement, le coeur de la cité est ici…

En toile de fonds, les tubes de l’été font la liaison entre nos morceaux. Nous devons composer avec la mode et surtout éviter d’apparaître trop décalés. Comme je ne peux contrôler tout le temps les trajectoires, vous ne serez pas surpris que je m’y mette aussi…

 « Qu’est-ce qu’on est serrées au fond de cette boîte, chantent les sardines…»

Ce samedi soir sera le point culminant de la féria. Nous savons qu’il y aura du lourd… Il fait un temps magnifique…Nous avons en ligne de mire le podium des bandas.

Les morceaux choisis par notre chef imposent une attention particulière…

La programmation est telle que, pour une fois nous dinerons très tôt.

Alors que l’excellent onglet est sur le point de disparaître de nos assiettes, avec le déjà regretté friand de légumes, nous sommes interpellés par un Polnareff sorti tout droit du musée Grévin.

Le type est en blanc, il est sec comme un sarment de vigne. Une abondante perruque blonde est la réplique parfaite des affiches de l’époque… Très poli, il demande l’autorisation  de lire un texte, sous les ponctuations musicales d’un ami, sax soprano...

En principe, ce texte aurait dû être chanté. Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse…Sur les premiers tempos, Adrien et Benjamin prêtent spontanément main forte à l’artiste. L’air est archi connu et finit toujours par :

«…et quand il pète il troue son slip(eu)… »

Nous apprendrons que le futur marié enterrait sa vie de garçon et ne nous tarderons pas à croiser sa promise dans un sacré accoutrement…


Le concert arrive enfin. Nous attendons notre tour derrière le podium, un peu tendus… Notre chef Pascal pense que nous devons nous distinguer des autres bandas et choisit un titre, parmi les trois, qui associe étroitement le public…C’est le fameux «On est là pour s’amuser»…Encore fallait-il qu'un des trois morceaux ne soit pas jouer avant nous, d’où cette petite tension…Pat' trouve magiquement l’antidote à ce léger trouble… Il nous propose à tous,  un petit sucre à tremper dans un gobelet d’Armagnac… Lui, l’hyper discret, lui que l’on a peut-être tendance à oublier…Et  paf, en plein dans le mille… Pour moi, c’était médaille… A consommer sans modération… Enfin, faites gaffe quand même…

«…et quand il pète il troue son slip(eu)… »

Après un Paquito et un Vino joués tous ensemble, sous direction portésienne, nous entrons en scène avec, la Camisa Negra, EL Porompompero et en final, notre atout maître…

Comme toujours, et à sa façon, Pascal compose le préambule du morceau avec le public. L’ambiance serait fatigante, triste, ennuyeuse… L’entame se veut très lente… Les Bomberos sont à ce moment le miroir de l’ambiance générale… Petit à petit le rythme gagne en énergie… Enfin le bouquet prend ses couleurs festives… Les musiciens invitent à la farandole… Le morceau s’achève sous des applaudissements fournis… C’était gagné pour ce soir…Nous avions ébréché la routine académique des podiums…

Le constat de ce pari gagné nous a été adressé,  le lendemain, à l’issue d’un débriefing général entre organisateurs et responsables municipaux…

« Qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte, chantent les sardines…»

Peu de temps après, nous rejoignons le lieu d’hébergement pour un tout autre morceau… Nous pénétrons dans un immense auditorium, munis de nos petits écouteurs et allons assister à un nouveau carnaval des animaux, encore plus surprenant que l’œuvre du célèbre Saint-Saëns. Réflexion faite, je pense qu’ils sont plus de 5OO et je crois même qu’ils arrivent au galop… Incroyable harmonie où se répondent grillons,  grenouilles, crapauds et poules d’eau… Le tout est rythmé par un torrent de cailloux, les mêmes que nous avons en Ariège, dans les marouens, bien denses, bien sonnants…

Sceptiques, nous nous souhaitons malgré tout une très bonne nuit… 

«…et quand il pète il troue son slip(eu)… »

 

Nous devons libérer le local tôt le lendemain…C’est donc sans prolongation que nous prendrons un excellentissime petit déjeuner devant un magnifique flamenco  improvisé par nos hôtesses. Très belle image de ces corps qui dansent, de bon matin, sur un bout de trottoir, avec une précision et une rigueur de professionnelles qu’elles étaient peut-être, juste pour nous, juste pour nous dire merci et à bientôt… Oh, les amis, un petit déj' à Istres dans ces conditions, moi,  je repars de suite… 

« Qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte, chantent les sardines…»      

La matinée sera chargée…Nous mettrons un terme à ce déplacement après un savoureux et dernier repas servi par une jeune et jolie serveuse réceptive à l’appel de Chichou…

Les musiciens ne voyaient qu’elle… Même qu’il y en a un, dont je tairai le nom, déjà très compromis dans l’histoire de la Cumparsita, qui faisait exprès de perdre ses couverts, uniquement pour le plaisir de voir Chichou les lui remplacer… Enfin quand même, et tout ça devant sa femme et ses deux garçons…Quoi ?... Non, non, je ne le nommerai pas !…

«…et quand il pète il troue son slip(eu)… »

A partir de maintenant, les  choses vont s’enchainer très vite… Nous nous retrouvons dans le bus rapidement car un impératif de temps de conduite impose dès à présent le timing de retour.

Bien plus tard l’horaire prendra un sérieux coup dans l’aile car l’autoroute réserve parfois quelques surprises désagréables. Nous devrons composer avec 13 kilomètres de bouchons. Heureusement qu’à l’intérieur, l’ambiance est loin d’être morose, malgré un nouveau problème de climatisation…

A notre grande surprise Cetelem a dépêché deux de ses agents, tout de vert vêtus… Après le Polnareff de la veille on ne quittait pas le sujet…

« Qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte, chantent les sardines…»      


Voilà saisies, à ma manière, quelques images de ce déplacement mémorable.

A bientôt.

Gégé

 

 

 

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