Seix 2019 : Rendez-vous en terre connue...

publié le 20 juin 2019 à 03:11 par Banda Bomberos de Ganac

C'est la quatrième année consécutive que nous participons à la fête de la transhumance en Couserans, içi, à Seix...

Si le temps avait été d'une grande clémence ces trois dernières années, aujourd'hui, le tableau n'est plus le même au point de se demander si nous ne nous sommes pas trompés de montagnes...

Une pluie fine et "traversière" ne cesse de tomber…

Les questions, d'une banale réalité, fusent...

Nos instruments?... Bois, pas bois?...Et les partoches?...Barnums?...Où est lla halle?...Combien de cafés?...Ah, enfin ma parka!...Et tout ce monde?...Et la route, déjà brunâtre?...

Méthodiques et probablement rompus à de pareilles expériences, Michel et Christian entreprennent un camouflage de leur sax, digne des commandos-marines de Mont-Louis...

Allo!...Monsieur Eugène?...Pensez-vous que vos sacs...? Ouf!...

L'habillage devient vite coquet; noir pour Christian, ou jaune pour Michel, euh, pas "jaune gillet" mais jaune pâle, jaune transparent, le truc où on peut encore voir les doigts… 

Peu importe la manière, façon "banane" pour Michel, façon "pénitent noir" pour Christian, guidés par la seule obligation de résultat, nos deux sax sont maintenant prêts à affronter les éléments devant le restant de la troupe, médusé, certains regrettant le service militaire et d'autres déjà candidats au nouveau SNU...

Sous la pluie, les verres de nos lunettes semblent faïencés par les vocalises de la Castafiore... L'index en guise d'essuie-glace reporte à plus tard un essuyage complet...

Après un rapide tour d'horizon, notre président repère la halle, en face l'église, de l'autre côté du Salat... La consigne est vite comprise...Têtes baissées, et pour cause, la route est déjà bien chargée, les premiers arrivés balisent un petit périmètre pour enfin, aligner les premières notes de la matinée...Mais l'espace est déjà occupé par un petit vide-grenier et surtout par la fromagère qui perd petit à petit son sourire de commerçante avenante pour des mâchoires crispées à l'idée de partager ou de sacrifier une partie de son chiffre d'affaires...Les signes de réconfort ne font pas mouche!...La voilà cependant complètement rassurée quand une collégue du célèbre Jean Claude, nous intime l'ordre d'arrêter de jouer pour ne pas effrayer les chevaux...

"El gato montés" est stoppé net!...Nous quittons la halle!...La fromagère revit!...L'histoire ne nous dit pas si elle a regretté cette publicité inattendue...

Puis, toujours Jean Claude, le maître d'oeuvre du rassemblement, donne de la voix...Une voix qui, par la sonorisation du village, sort de partout sans savoir d'où elle vient...Tout y passe, consignes de sécurité, placement des groupes, ordonnancement des troupeaux, recommandations diverses, publicité pour les bistrots, re-consignes de sécurité et gare si le synopsis n'est pas respecté, le ton monte alors et l'écho amplifie la colère... Tant pis si les "majorettes hommes" se vexent...

"Nom d'un chien, mais où sont-ils ? C'est pas possible ça!!!..." "C'est vrai quoi!!... Et beh, où êtes-vous?..."

Nous attendrons ainsi de longues minutes, sous la bruine, avant que le défilé trouve son ordre de marche définitif et que nous nous mettions enfin en mouvement derriere les majorettes de Lavelanet, attentives à nos morceaux qu'elles rythmeront d'élégante manière...Trois morceaux sont choisis en concertation avec la cheffe, pas trop toniques pour ménager les plus petites jambes et repris en boucle pendant le passage..."L'incendie à Rio", "El gato montés" brutalement écourté par le passage des chevaux et enfin "Adélita"...

Joué en boucle, en défilé, sur un itinéraire "porte-chance", vêtements presque saturés, des perles de pluie en guise de notes, " El gato montés" restera un moment mémorable de cette journée...

Le circuit bouclé, notre principale préoccupation, comme tous les groupes, est de trouver un abri...Visiblement Jean Claude n'avait pas prévu ce mauvais temps, donc à nous de nous débrouiller et de composer avec les nombreux spectateurs groupés sous les quelques barnums jalousement convoités...

Dans ces conditions, un éparpillement des rouges devient presque inévitable... Une dizaine de bomberos investissent le café de la place pour un boeuf improvisé, et quand j'ai su qui était à la manoeuvre, il n'est pas étonnant que le patron en redemande… Soucieux de récupérer les brebis égarées pour une aubade plus organisée, j'ai vite situé l'épicentre et surtout l'infatigable animateur...

Rapidement Alain et les boys rejoignent le groupe en pleine "Calle Sierpès", pour un morceau obligé, içi, en Couseran: "L'Encantado". C'est donc, nous aussi avec Nadau que nous donnons la réplique aux Gairimontais qui terminent à l'instant le "Mon dieu que j'en suis à mon aise" sous une autre tente, de l'autre côté de la place...

Viendra enfin le temps du casse-croute, saucisse ou ventrèche/ frites, un verre de vin et une pomme à croquer, le tout sans plateau!... Café payant!...

Jean Claude doit être coaché par un banquier Auvergnat, Centralien et rapiat...

Heureusement que nous avons un président prévoyant, car sur ses conseils, j'ai complété ce festin de nouveau né, par quelques fromages achetés ailleurs que sous la halle, avec baguettes de campagne et un Fronton qui, aux dires du même président, devrait laisser les papilles demandeuses pendant longtemps...Espérons que l'invité surprise de l'ami Jean Claude, le député- ténor Jean Lassalle, pour l'instant préoccupé par l'abrogation de la Convention de Berne, aura l'autre plateau, celui proposé à ceux qui payent...

Nous quitterons Seix toujours sous la pluie, direction Foix pour trois bonnes heures de temps libre avant de nous retrouver à Saint Pierre de Rivière pour un feu de la Saint Jean époustouflant... Il me semble que depuis quelques jours nous sommes en odeur de sainteté...


A tout à l'heure...


Gégé






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