Quand Dreuilhe fête la châtaigne...

publié le 10 nov. 2014 à 06:09 par Banda Bomberos de Ganac

En cette mi-octobre, l'été n'en finit pas de mourir et nous offre encore, sous un soleil généreux, des journées d'une exceptionnelle douceur...

 

Depuis treize ans, Dreuilhe, petit village à l'entrée de Lavelanet, fête la châtaigne autour d'un vide grenier remarquable dans une ambiance chaleureuse et communicative...

Nous sommes chargés de la partie musicale, tandis que de joyeuses troupes nous feront partager, avec talent,  leur passion pour la danse  country ,salsa et zumba...

 

Il est onze heures ce dimanche...

Nous nous retrouvons sur le parking d'un supermarché, seul endroit de garage tant les rues du village ont été assaillies de bon matin...

Malgré quatre jours consécutifs de répétitions, d'animations  et de concert pour certains, le groupe se présente détendu, très confiant sur ses capacités  à aborder ce dernier rendez-vous de la semaine...Nos amis Pyrénéens et leur tonicité débordante y sont largement pour quelque chose...

 

D'un rapide coup d’œil, nous jugeons le plateau qui nous reçoit …

Nous évoluerons aujourd'hui sur de longues bandes de verdure qui séparent un grand nombre d'étals multicolores...

Au fond, un podium ne permet aucun doute sur un passage obligé..

C'est peut-être un détail pour vous, mais nous n'aurons d'ombre que sous le minuscule avancement de la buvette ou qu'à proximité  immédiate de Jeannou et de son imposant hélicon...

Un léger vent d'Autan nous envoie un parfum  de châtaignes et de saucisses  grillées...

Nos chemisettes conserveront toute l'après-midi le souvenir tenace de ce courant d'air...

 

De bien sympathiques revenants...

 

Alors qu'un rapide tour de chauffe  nous permet d'imposer un diapason nécessaire à nos    instruments engourdis, Jeannou nous rejoint flanqué de Pierre, tel un Julien Clerc à ses débuts, et de Cyril, un alto avec des notes  plein la tête...

Nous proposons un répertoire  bien rodé à un public de chineurs plus attiré, pour l'instant, par les anciennetés que par nos prouesses musicales...

Ce n'est que le début et  les timides applaudissements n'altèrent en rien notre réelle détermination...

Nous faisons en sorte de n'oublier aucun secteur du marché...

Nos nouveaux morceaux rivalisent avec de plus anciens … Rien ne semble perturber le bon déroulement de notre prestation même quand certaines partitions quittent subitement leur support...

L'heure aidant nous profitons d'un arrêt au stand pour un casse croûte bien mérité.. .

Après avoir repéré de rares endroits ombragés, nous faisons honneur comme il se doit  aux diverses grillades  et à  un jus de raisin remarquable tiré d'un bien sympathique cubitainer...

Laurent, toujours attentionné, s'occupe du café et des châtaignes grillées servies encore chaudes dans leur cornet de papier journal...

Plus de temps pour le digestif...

Les plus éprouvés par les ans réussissent, tant bien que mal, à réaligner une colonne vertébrale récalcitrante et sans attendre le rot, notre chef nous regroupe en formation circulaire pour le spectacle de l'après midi...

 

A peine la concentration sur l'ouvrage revenue, que  Jean Pierre,  nous rejoint, prenant sur lui les  désagréables effets d'un petit « coup de calcaire » de la veille... Notre fidèle compagnon alterne souvent des pupitres aux tonalités différentes et c'est avec son ténor qu'il prête aujourd'hui main forte à Michel, le régional de l'étape...

 

 

Nous avons eu Elian à Argelès, içi nous aurons  Juliette...

 

L'affluence bat son plein et le petit village semble tirer avec succès sa « châtaigne » du feu face à la fête de la pomme, célébrée en même temps dans la bastide médiévale voisine...

Nos morceaux soulèvent de plus en plus d'enthousiasme au grand bonheur des petits et des grands...

Dans le public reconnaissant, trois petits Bordelais, font  le bonheur de leur tonton clarinettiste.. .

Avec une gouaille convaincante, le présentateur attire quelques candidats à la roue de la fortune...Pas de lots exceptionnels annoncés mais, la satisfaction de repartir avec une montre fluorescente au poignet suffit à donner un intérêt certain au stand... 

En pleine addiction, quelques bomberos tenteront de se faire interdire de jeu, mais sans succès …

 

Pris par son éphémère commerce, le speaker met du temps à réaliser que nous sommes sur le podium, pourtant à sa demande, prêts à enchaîner une série de nos meilleurs morceaux...

 

Une petite Juliette, blondinette toute de vert vêtue, nous fait face au pied de l'estrade...

Un saxophone miniature doré pend à son coup...

Pris dans son jeu, elle  entame un déhanché de professionnel que rythme la seule note nasillarde qui sort de son jouet... La conviction qu'elle met  dans chacun de ses gestes ne  nous laisse pas indifférents...

Richard place la jeune artiste avec nos saxophonistes , et c'est tout près de Steph dont elle mime tous  les mouvements qu'elle participera à  cette aubade jusqu'au bout, devant une maman comblée qui, j'en suis certain, n'aura jamais pris autant de photos de sa vie...

Sur les dernières notes du « lion » Pascal clôture le show en présentant à bout de bras notre petite mascotte d'un jour à un public touché par ce tableau inattendu...

 

Nous quittons le podium sous une haie d'honneur formée par les danseuses de country...

Après avoir pris acte d'une participation certaine dans notre groupe, dans un proche avenir, nous quittons la vedette, et comme le dit Brel, « Même si c'est pas sûr, c'est quand même peut-être ... »

 

La sortie s'achève sur cette espérance et nous quittons le pré satisfait du travail accompli...

 

Quant à nous, nous aurons la surprise de retrouver notre véhicule aux vitres  entièrement dissimulées sous des tracts publicitaires...

Je vois  là, la signature évidente d'un trompettiste bien connu et peut-être même de la famille toute entière...

Pour être sûr que l'enquête ne soit pas entravée, içi, en Ariège, on me conseille de porter l'affaire auprès de la gendarmerie de Pierrefitte...

 

Alors, j'hésite, je ne sais pas pourquoi, mais j'hésite...

 

A bientôt, à Ganac, pour un obligatoire devoir de mémoire...

 

Gégé

   

 

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