Pour être au Grau, c'était du gros...!

publié le 18 sept. 2013 à 11:56 par Banda Bomberos de Ganac   [ mis à jour : 20 sept. 2013 à 11:18 ]
C’est au son des fifres et des tambourins

Que nous clôturons cette année, avec d’autres copains

Un été fabuleux au pays de Crin blanc

Des taureaux, des chevaux mais aussi des flamants


En parlant d’ici, les gens parlaient du Grau

Le delta, de tous temps méritait des travaux

Commandés par Paris mais surtout par le roi

Voilà comment le Grau devint le Grau du Roi

 

Ce soir, un petit coin d’Ariège rejoint la Méditerranée

Avec des musiciens venus des Hautes Pyrénées

 

"Dis moi, Céline, ces deux jours ont passé,

Est-ce que tu pourrais m’aider à raconter,

De Patrick, de Nadine ou bien encore des trois C,

Tu es la seule que l’on a chantée…

Ecoute-moi oui, écoute-moi,

Ferme les yeux et puis rappelle-toi…"

 

Pour l’occasion l’effectif est au complet

Le chauffeur Laurent entame le trajet

Est-ce l’effet des canettes de bière

Que déjà le car choisit un réverbère

 

Pareilles à des fourmis

Des ombres bruyantes s’écartent dans la nuit.

Car Coutens est petit

Et ne peut répondre à la demande qui suit


Non ! Pas là !... me crie un vieux monsieur

Ola,  Pépé !... je le mets où je peux !

Le chiendent seul, apprécie l’arrosage

Et je quitte le lieu oubliant les usages

 

Une belotte sur un tapis douillet

Des Gaves ou de la Barguillère

Qu’importe, pas de trophée

Juste l’occasion de boire une autre bière

 

Bientôt deux directions pour arriver au Grau

Et c’est Laurent qui a le dernier mot

Très vite enfin arrive le camping

Et de petites frayeurs inhérentes au planning

 

Des chalets de six places et pas les huit annoncées

Calme et étonnée, Colette s’inquiète, déterminée

Et quand les idées trottent dans la tête de Colette

Ca va souffler très fort au camping «  l’Espiguette »


Nous sommes enfin rassurés

Grâce à notre présidente la solution est trouvée

Il ne reste plus maintenant qu’à déguster

Ce que Pat nous a discrètement amené

 

Mais comment calmer d’un seul coup de baguette

Les ardeurs réveillées sur le coup de cette heure

Pour ne pas répéter ici, en cette demeure

Ce qui sommeille encore au fond de ma casquette

 

Cette fois c’est de la Suisse que vient le vent

Et une grincheuse qui rouspète vraiment

Enfin des « chuts » sans cesse répétés

Témoignent à nos voisins une évidente volonté

 

Rendez-vous ce matin, au car, à neuf heures

Direction les arènes devant  d’autres douceurs

Dents brossées et chaussures cirées

Instruments rutilants sur des rouges livrées

 

Nous suivons maintenant un mariage à l’ancienne

En habits authentiques aux couleurs arlésiennes

Où des petits se prennent pour des grands

En poussant, convaincus, des landaus élégants

 

Nous franchisons ainsi le plus gros de la foule

Le long de ce canal où se joueront les joutes

Puis disparaissons derrière les barrières

Et nous laissons la place aux belles cavalières

 

Orphelin de Jeannou, l’hélicon amoureux retrouve le chemin

Et rythme de nouveau nos petits parchemins

Tendrement enlacé dans les bras de son maitre

C’est Christian qui lui donne la force de renaitre

 

Nos morceaux s’enchainent avec légèreté

Nous récoltons souvent les effets escomptés

Le public apprécie le technique « finger »

Et la génération de Mylène Farmer

 

Nous sommes les derniers dans le Centre Sportif

Et attendons un peu, mais l’instant est festif

Drôle de situation où nous faisons l’aubade

A d’autres musiciens occupés à leur table

Et puis ce souper mémorable où nos deux pipelettes

Nous annoncent, de concert, le nouvel an de Ginette

Emue jusqu’aux larmes elle met au poignet

Un sympathique gage de notre belle amitié


Le grand soir arrive, et le cortège se divise

Sur des gradins bondés nous nous mettons en lice

Les prouesses techniques de quelques manadiers

Et la voix du speakeur : «Les Bomberos, tenez-vous prêts ! »

 

Nous pénétrons enfin dans ce cercle magique

Où la foule compacte reçoit notre musique

Sommes-nous sur terre ou sur quelle galaxie

Pour qu’on recueille autant, autant de sympathie ?

 

Tour à tour nos confrères, et puis nous et encore

Pascal à cet instant lance le Pakistan

En haut… En bas… A gauuuche… A droiiiite… et on bouge les corps

Aïe !... « Je n’aurais jamais dû  quitter Montauban !! »

 

Tête baissée, je ne vois que du sable et surtout mon trépas

Mais qu’il est long, qu’il est long ce désert Papa !

Derrière, Michel, sourire en coin, analyse la situation

Pascal, quant à lui, est bien décidé à revoir la question

 

Soudain la Ola qui démarre, remarquable « onduline »

Qui vient s’abimer sur le porche d’entrée

Et cette foule dressée d’un élan spontané

Quand les premières notes célèbrent les sardines

 

De retour au chalet, par la mer attirés

Nous sommes quelques uns à prendre les cirés

Car la pluie elle aussi respecte le tempo

Et choisit le moment qui sonne le repos

 

Au bout d’un long chemin nous entendons enfin les clapotis marins

Nos jeunes, mais pas que… décident d’un seul coup de se jeter au bain

Les cris n’ont ici de première valeur

Que de faire oublier, de suite, une grande fraicheur

 

Les corps s’habituant à ce dérèglement

Il fallait inventer d’autres amusements

C’est alors qu’une pile et son puissant halo

Allait nous faire voir plein de lunes dans l’eau

 

Le retour fut trempé et nos polaires rouges

N’attendaient que les cintres pour reprendre les courbes

La nuit fut très courte, et bientôt c’est « dernier »

Le mot le plus parlé

 

Dernières notes, dernier repas

Et puis c’est le car qui repart

Comme une corne de brume d’un bateau qui s’en va

Notre chauffeur actionne son klaxon à tout va

 

Notre façon à nous de saluer le Grau

De lui dire combien un petit coin d’Ariège

Est fier cette année d’avoir saisi le siège

En amusant ses gens avec les Bomberos

 

Réveille-toi, oui, réveille-toi

Ouvre les yeux, à la prochaine fois…


Gégé

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