Les trois jours de Ganac

publié le 8 août 2013 à 13:49 par Banda Bomberos de Ganac
Cette année, à l’occasion de la fête du village, Ganac  célébrera les soixante ans de son comité des fêtes.

Les Bomberos participeront à cet évènement qui mettra en pleine lumière les actions d’une équipe de joyeux drilles entièrement dévoués à leur village et profondément déterminés à transmettre les traditions et la culture de leur chère vallée de la Barguillère…

La place du village, habituellement réservée aux voitures, rassemble un alignement impressionnant de tables, disposées face au podium, toutes de blanc revêtues.

Les candélabres sont habillés de verdure et ornés de panneaux en forme de grenouilles pour rappeler au visiteur que nous sommes ici chez les « grenoutayres » chargés, en d’autres temps, de fournir les meilleurs restaurants de la région en cuisses du précieux batracien…

Des guirlandes d’ampoules forment le  couvercle éclairé de cette boîte magique…

Plus haut, nous ne pouvons éviter un énorme 60, titre principal de l’histoire qui commence ce soir et qui se terminera dés le retour de la clef du village que, auparavant, monsieur le Maire aura confiée, en confiance, au président du comité…

Nous ne remarquerons aucune autre protection particulière ce qui laisse imaginer une totale et réconfortante confiance au baromètre local…

Malgré un ciel parfois menaçant, nous serons les témoins, jusqu’au bout, de la réussite de cette option…

Les membres du comité portent pour l’occasion une magnifique chemisette couleur pistache.

Un chapeau de paille évite désormais que les excellentes idées des uns et des autres ne s’évaporent trop vite…

Les Bomberos partagent la soirée  avec deux autres bandas, les  « Kanaris » gersois et les  « Hauts de l’Aude » de Quillan.

Le spectacle se joue sur deux sites, la place ainsi décrite, et une bodega formée pour l’occasion, plus à l’intérieur du village…

Ces sites différents ainsi que l’idée des apéritifs offerts dans les hameaux rattachés m’interpellent agréablement.

Certes le petit village se prête bien à cette mise en scène, mais je vois dans ces répartitions la volonté affichée que la  fête soit pour tous…


« Haut, Peiròt, vam caminar, vam caminar,

De cap tà l’immortèla,… » (Nadau)

 «  Viens, Petit Pierre, on va marcher, on va marcher

Vers l’immortelle, … »

 

Vendredi, nous présentons avec les autres bandas un répertoire globalement assez proche.

Cela nous donne l’occasion de comparer les interprétations avec un jugement souvent réaliste, mais aussi pas forcément…objectif.

En parfait cabotin, je dirais que le public a toujours le dernier mot…

Nous clôturons le festival par un « bœuf » final où, ensemble ou à tour de rôle, tantôt nous entamons, tantôt nous poursuivons des standards fédérateurs…

Donc, très vite, nous nous sentons à l’étroit  au fond d’une boîte à sardines…

Puis un solo de batteries d’une exceptionnelle qualité s’improvise…

Aux baguettes, le batteur des Hauts de l’Aude et pour lui tenir tête, notre jeune et talentueux Pierre qui palliait pour la soirée l’absence d’un de nos batteurs.

Amis, je vous ai promis de ne jamais  dire du mal, dans mon billet, d’un musicien, mais je n’ai pas promis de ne jamais en dire du bien…

Franchement, ce soir, je dis « chapeau bas » au  « petit Pierre »...

Je ne sais  pas par qu’elle magie il nous a rejoints, mais j’aimerais bien qu’il marche avec nous  pendant un bon moment…


Les révoltés de la forge…

Fin d’après-midi, ce samedi, nous accompagnons l’apéritif offert au lieu-dit « le Bernet » au hameau de la forge…

Tout se passe dans un climat très convivial. En fait nous sommes en famille…

Comme toujours, nous nous assurons régulièrement que l’eau de source est toujours aussi fraiche…

Les morceaux s’enchainent, nombreux, précis, enfin quoi ! La classe !!...

Les encouragements sont copieux… Je dirais même, inversement proportionnels à l’importance de l’auditoire…

Il faut dire que la veille, hormis François et son épouse, et bien sûr, monsieur le Maire, on pouvait se demander s’il y avait quelqu’un d’autre dans le village…

Mais non, je m’amuse…Oh ! tout de suite, on peut rien dire…

Ce soir, le temps n’a vraiment pas beaucoup d’importance, mais tout a une fin et notre chef Pascal décide de conclure sur le fameux «Porompompero » sauf que…

Une rumeur prend subitement corps dans le groupe…

« Non, pas celui là !...Y en a marre !...C’est toujours pareil !... On veut la camisa !...La negra !... »

A cet instant, il ne fallait surtout pas d’amalgame avec les rouges de Garibaldi. Pas question qu’on nous pique la révolution…

Il me semble même avoir entendu : « On veut de l’augmentation !... »

Le chef, interloqué, manquant vraiment de moyens coercitifs, est obligé de faire  « pompoms » bas et, le calme revenu,  nous présentons une « Camisa Negra » comme jamais…

Plus tard les historiens du village parleront, j’en suis sûr, de cette révolte de la forge qui marquera un tournant décisif et irrévocable dans les relations des musiciens et de leur chef…


Jérémy, ou le trombone qui tue…

Déjà dimanche ! Nous sommes chargés de préparer en musique la grande soirée dansante de ce dernier jour de fête… Nous présentons un répertoire varié, où nos nouveaux morceaux prennent naturellement leur place à côté de nos standards…   

A propos de standard nous plaçons l’incontournable « lion ».

L’entame, puissante, est laissée aux trombones qui préparent pendant quelques mesures la réponse des autres instruments…

Lolo nous a rejoints et il partage l’ouverture avec Jérémy…

Au moment où, tous ensemble, nous nous apprêtons à  célébrer la mort du lion et, de fait, le retour de la sérénité dans la forêt, un énorme insecte du soir, vient tournoyer autour de Jérémy qui, avec une chance inouïe, ajuste l’imposteur d’un grand coup de coulisse…

Le gros coléoptère est terrassé du premier coup...

On aurait pu chanter : « Dans la jungle, terrible jungle, lucane est mort ce soir. »

Comme de grands enfants que nous sommes nous nous amusons longtemps de cette situation et terminons le morceau comme nous le pouvons dans une franche rigolade…

Chapeau à toi, oh ! Jérémy, le trombone qui tue

Nous quittons le public peu de temps avant le magnifique feu d’artifice et autour d’un encas de qualité qui nous donnera une nouvelle occasion de louer l’organisation exceptionnelle de ces trois jours de fête, où rien n’a été laissé au hasard…

Nous sommes des gens de la Fête, et des fêtes nous en voyons beaucoup.

Amis Ganacois, vous n’avez pas à rougir…

Bravo à toute l’équipe de copains et de copines…

Assurément, votre bonne humeur aura largement facilité cette nouvelle rédaction…

 

A bientôt, dans d’autres Pyrénées…

Gégé

Comments