Les trois coups des "400 coups de Montauban"...

publié le 8 oct. 2015 à 05:31 par Banda Bomberos de Ganac

Quand les plus grands stratèges s'en remettent à la providence, il ne faut pas s'étonner que le ciel réserve quelques surprises...

C'est un peu ce qui arriva à Louis XIII qui, sous les conseils éclairés d'un alchimiste, envoya simultanément 400 coups de canons sur la ville de mMntauban pour obtenir, de force, l'allégence des habitants au pouvoir catholique central et qui, dépité par l'échec, dû quitter les berges du Tarn et laisser la cité huguenotte maîtresse de son destin...  

Depuis 1994, la ville célèbre chaque année, à la fin de l'été, les "400 coups" en souvenir de ce savoureux épisode de son histoire...

Boum !!... Coup de blues...

En ce samedi 12 septembre, la journée entière est restée sous une chape de nuages menaçants laissant planer un doute certain sur le maintien du défilé et donc sur notre participation...

Le suivi régulier de la météo locale aura largement contribué à une réelle inquiètude de ma part...

Certes, nous avons vécu des déplacements plus sombres, mais largement compensés par des lendemains plus rayonnants...

Pour nous, le contrat ne se joue que sur une soirée et le soleil du lendemain, s'il doit être, ne profitera qu'aux autres...

L'heure du rendez-vous est respectée scrupuleusement... Nous retrouvons notre ami Christian, venu, pour une fois , en voisin et en scooter...

Nous échangeons quelques considérations extrêmement pointues sur les conditions climatiques, puis sur le temps, et enfin sur la météo...

Pas du tout rassurés sur le déroulement de la soirée, nous remarquons très vite que, pour l'instant, nous sommes les seuls sur cette place immense, qu'aucun indice ne permet de deviner qu'elle serait le point de départ du défilé vers 18 heures comme prévu sur les dépliants...

Pas de comité d'accueil, pas de char, pas d'autre musicien, pas de table sous ce vaste préau, présumé lieu de restauration, bref, aucun élément pour fouetter une sérénité largement mise à l'épreuve...

Ce rapide tour d'horizon se termine heureusement sur l'arrivée du bus ariégeois dans un timing de compétition...

Je ne vais donc pas tarder à rentrer dans l'ambiance réjouissante des Bomberos et d'un coup, j'inflige à ma peinture un univers plus coloré...

La jubilation va vite tomber, car à la descente du bus je constate beaucoup d'absences pour un tel événement et cela me laisse perplexe...

Pour un premier coup, c'est un coup de blues...


Boum !!... Coup de tonnerre sur la ville...

Après une longue attente, les choses semblent enfin s'organiser...

La place devient de plus en plus vivante et nous rentrons lentement dans le chaudron...

Tout se met en place comme on pouvait l'imaginer aisément et bientôt, la reine des 400 coups flanquée de ses deux merveilleuses dauphines vient se mêler à la foule des participants en se prêtant avec gentillesse aux moindres sollicitations des photographes...

Les chars sortent enfin de leur garage protecteur...

Puis les groupes s'échauffent, les uns après les autres, en attendant une rapide collation servie sous l'immense auvent qui fait la particularité de cette place...

Nous présentons nos quatre nouveaux morceaux devant un public de connaisseurs...

A chaque fois, les retours sont très chaleureux...

Visiblement notre répertoire devrait se distinguer par ce peps supplémentaire à côté des mélodies habituelles...

Puis la place s'illumine et les premiers chars s'ébranlent aux rythme des batucadas...

Assourdis par les sons appuyés de ces percussions, nous n'avons pas remarqué les menaces de plus en plus précises qui venaient de là haut...

Il aura fallu deux coups de tonnerre, et deux seuls, selon des amis retrouvés plus tard dans la fête, pour que la douche commence...


Boum !!... Coup dur pour les Bomberos...

Etrange coïncidence entre le départ du défilé et le début de la pluie...

Ce n'était pas le gros orage, mais une pluie, lourde, "traversière" presque retenue, comme si elle n'osait pas tomber ...

Le problème avec la pluie, c'est que tout se mouille et très vite... Nos outils de travail n'aiment pas ces douches forcées et beaucoup de musiciens ont recours à des sacs à la vocation bien différente que celle d'entourer des instruments ruisselants...

Nos tenues de galas résistent, tout comme les polaires sollcitées pour l'occasion...

Les pompons rouges de nos casques n'ont pas fière allure et il faudra le souffle chaud du sèche cheveux de Nani pour leur redonner le volume soyeux de la veille...

Devant, avec nos deux pompiers de service, notre petite Anaïs est aussi trempée que si elle sortait de la douche toute habillée...

Pas question de lâcher..." Terre courage", "pays des hommes et du fer", L'Ariège en a vu d'autres !...

Sortis de la cohue du départ, nous voilà maintenant bien alignés dans notre espace entre le char d'Airbus et celui du Régiment Parachutiste de Montauban...

La lente progression que nous inflige le défilé ne permet cependant pas à Christine de remonter le handicap qu'elle nous avait concédé sans une petite course qui, sur la chaussée ruisselante, va lui être fatale...

Son arrivée à cloche-pied en dit long... Une déchirure au mollet, extrêmement douloureuse, obligera notre courageuse musicienne à poursuivre au mental...

Heureusement, le muscle encore chaud permettra la prouesse...

Arrivée au but, c'est, bien calée sur le timon de la pompe, qu'elle honorera avec les copains les différentes aubades offertes à un public resté là, lui aussi sous la pluie, pour saluer respectueusement les efforts de tous pour que ce défilé aille à son terme...

Malgré la compassion que l'on éprouvait tous à la douleur de notre amie, je garderai le souvenir d'un retour au bus magnifique avec cet attelage singulier, celui d'une pompe centenaire tirée par deux pompiers, avec pour cocher, une musicienne éprouvée mais radieuse, épaules protégées par une rare polaire encore sèche, saxo en bandouillère dans un drôle d'étui, cheville lestée d'un sac de glaçons anti-douleur, banderole en berne calée dans le réservoir de la machine qui ce soir n'aura pas vu son contenu baisser...

A très bientôt pour le bilan d'une saison bien remplie...

Gégé

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