Les Bomberos au Pays des Merveilles

publié le 3 sept. 2013 à 07:38 par Banda Bomberos de Ganac

Bagnères-de-Luchon, Luchon pour les intimes, comme si, par sympathie, la ville avait son diminutif, comme on réserve aux amis, aux copains, bref aux gens que l’on aime…

 

Une fois n’est pas coutume, Evelyne et moi sommes arrivées en terre luchonaise un peu avant la grande fête. Nous avons ainsi partagé avec délice, de bien agréables moments avec nos sympathiques amis, Nanie et Christian…

 

Dés vendredi soir, l’immense avenue d’Etigny avait pris des airs de fête…

Une course pédestre puis un extraordinaire spectacle son et lumière ponctué par un magnifique feu d’artifice en disaient long sur la suite des évènements…

 

La « reine des Pyrénées » s’étourdissait déjà aux sons des bandas et des troupes multicolores arrivées peu de temps avant.

 

Séance d’échauffement…

 

Nous partageons avec notre accompagnateur Thierry, la même impatience de voir arriver le restant de la tonique troupe ariègeoise …

 

Juste le temps de manifester cordialement nos retrouvailles et nous voilà dans le vif du sujet…

 

Pascal, aguerri aux difficultés de la programmation, fixe les grandes lignes de nos obligations mais comme d’habitude, une grande place sera laissée, avec bonheur, aux attentes supposées de nos divers auditoires…

Nous ne prendrons nos quartiers qu’en début d’après-midi dans « la maison de l’enfant » tout au début de la vallée du Lys…Déjà une fleur et un lieu prémonitoire pour nos regards ébahis de grands enfants…

 

Nous avons droit à une bonne mi-temps, diversement comblée...

Repos compensateur d’un départ matinal pour certains et brève escapade pour d’autres avant de se retrouver en tenue de travail, prêts à affronter notre premier véritable incendie de la journée…

 

Depuis un moment, Alain nous semble préoccupé par une lecture du parcours différente de celle de notre accompagnateur…

Avec une diplomatie remarquable, il suggère de faire siennes les difficultés du synopsis tout en maintenant notre guide à l’avant poste, honorifique, du mouvement…

 

Comme d’habitude le spectacle est devant avec nos diables casqués auxquels s’est joint

Antoine, notre chauffeur et remarquable boute-en- train…

Le quatuor fait des prouesses et nous tire inconsciemment vers l’excellence…

 

Une rencontre fleurie et rafraichissante…

 

La fête des fleurs est le rassemblement d’un nombre impressionnant de groupes venus des quatre coins du monde.

Parmi ces ambassadeurs musicaux une troupe de jeunes polonaises absolument ravissantes n’a laissé aucun bombéro indifférent…

A l’exception d’un langage parfaitement inaudible, ces musiciennes ont tout pour elles, et comme si la beauté et la fraicheur naturelles de ces petites fées ne suffisaient pas, la rareté de leurs instruments de musique est l’occasion providentielle de faire plus ample connaissance…

Nous apprendrons que l’instrument est un « szawamaya »…

Imaginez un bouquet de trois ou quatre « trompettes de Jéricho », ces magnifiques fleurs oranges qui embellissent nos haies, rassemblées en un seul conduit barré de trois pistons et dont l’embouchure est pincée par les lèvres… On dirait des jouets… Le son, nasillard, ressemble beaucoup à celui de la bombarde, chère au folklore breton…

Quel beau tableau que ces fleurs portées par d’autres fleurs…

 

Les montres tournent décidément trop vite et ne laissent pas beaucoup temps à la contemplation…

 

C’est probablement ce que devaient penser nos coachs respectifs, le Polonais et Pascal, autant désolé que nous tous de suspendre provisoirement cette belle rencontre au profit d’un programme pourtant tout aussi fleuri…

Nous aurons de nouvelles occasions de croiser cette délégation toute en couleur…

 

 

Premier podium…

 

Notre numéro de passage nous permet une pause bien méritée et c’est, regroupés autour de notre pompe, que nous assistons aux prestations de nos confrères…

Puis les rôles s’inversent et notre tour arrive...

Installés sur les marches de l’escalier monumental, nous faisons face à la foule qui désormais déborde largement l’espace…

Depuis le balcon, le maire entouré de la reine de la fête  et de ses deux dauphines nous offrent symboliquement leur protection… 

Les bras se lèvent, les appareils à photos et leurs témoins lumineux captent tous les détails de notre groupe…

Avant même de commencer, les applaudissements nous encouragent…

Après une sympathique mise au point au sujet de notre identité, Pascal nous entraine dans un répertoire maitrisé…

Nous offrons ce que nous avons de meilleur, du plus profond de nos tripes, comme jamais à mes yeux nous ne  l’avons fait…

Nous recevrons comme tous la bannière de la fête des fleurs que nous présenterons en avant-garde,

en signe de reconnaissance, durant tout le défilé du lendemain…

C’est dans la  salle de réception de la mairie où un copieux vin d’honneur nous sera servi que nous scellerons à jamais ces images inoubliables dans nos têtes…

 

Nous regagnons la magnifique salle de restauration sur un petit nuage…

Après un véritable repas de sportifs durant lequel je m’inquiétai souvent de l’appétit de notre petite fauvette à tête noire, nous reprenons l’ouvrage pour une prolongation malheureusement troublée, en cette heure tardive, par une pluie fine et « traversière »…

L’essentiel était fait pour cette longue journée…

 

Au pays des merveilles…

 

Le grand jour, commence sous les meilleurs hospices…

Nous devons nous résoudre à rallier le cortège à pied…

Cependant quelques malins bomberos trouvent avec le « tacot stop » le moyen d’arriver plus vite à destination… A notre grande surprise c’est, d’abord Mireille, puis Benjamin assis à l’arrière,  reconnaissable à sa grosse caisse portée à bout de bras,  puis d’autres encore, qui nous doublent dans des voitures splendides conduites par des passionnés en tenue d’époque …

 

Ces privilégiés vont découvrir avant nous le spectacle époustouflant des vingt et un chars fleuris qui forment le cortège féérique de la fête des fleurs...

 

Des dahlias de toutes couleurs, collés sur des topiaires métalliques, restituent les grands sites midi pyrénéens avec une précision inouïe…

Nous nous plaçons devant le char ariègeois,  fidèle réplique d’un dinosaure entouré d’habitants des cavernes…Même si nous, Ariègeois, aurions pu espérer un meilleur thème, il demeure que la réalisation est extraordinaire… Mille bravos aux artistes…

Le cortège s’ébranle lentement et nous partons pour plus de deux kilomètres d’accompagnement musical…

L’image de l’avenue d’Etigny, libérée de tous véhicules, naturellement ombragée, bordée de chaque côté par une foule immense entièrement acquise au spectacle, avec au fond  les thermes et la statue du célèbre baron et déjà les premiers chars qui redescendent vers nous, me coupe carrément le souffle…

 

C’est précisément à cet endroit que Pascal lance « le temps des fleurs » que nous jouerons le plus longtemps possible au grand bonheur de nos solistes…

 

Où sont passés les tuyaux ?...

 

Un incident sans gravité alimentera l’actualité médiatique de la journée…

Une plaque de cuisson, un peu trop rugissante, provoquera l’intervention salutaire des vrais pompiers…

De notre place nous saisissons mal ce qui se passe…Le cortège est évidemment arrêté…

La vision qui me restera à jamais est celle du démarrage vertigineux de nos sapeurs et de leur pompe vers l’évènement et surtout de la clameur déclenchée par leur passage comme une « ola » bruyante qui n’en finissait pas…

Mais que pouvaient donc faire nos valeureux compagnons sans tuyaux, et sans grande échelle ?...

Notre facétieuse équipe aura certainement contribué à dédramatiser une situation difficile à gérer dans une telle affluence…

 

Viens ma belle, viens ma gazelle…

 

Arrivés sur l’esplanade fleurie des thermes, le cortège amorce le retour en passant devant les tribunes officielles… Le présentateur détaille les chars et nous invite à la mélodie…

Nous saisissons l’occasion sans la moindre prière pendant que nos sapeurs continuent à lutter contre un feu imaginaire toujours alimenté…

Après la mort du lion, comme le disent les paroles, les musiciens demandent aux belles de revenir sans crainte...

Contre toute attente et avec l’aide de nos amuseurs, Pascal fonce vers la tribune et ramène une dame au centre des Bomberos, pour terminer la chanson avec nous… Tout à fait par hasard la dame serait une personnalité connue de Luchon, suffisamment en tout cas pour que le présentateur souligne cet épisode avec amusement…

 

Ce n’est qu’un au revoir…

 

Notre dernier concert ressemble beaucoup au premier…Nous nous présentons en rouge au même endroit…

La foule encore plus dense que la veille est impressionnante …

Le désistement d’une troupe nous oblige à combler, ce qui, vu l’ambiance euphorique que nous ressentons du haut de nos marches, nous convient admirablement…

Le répertoire se veut plus tonique…

Nous retrouvons avec un bonheur non dissimulé nos ravissantes jeunes Polonaises...

Toutes regroupées devant nous, elles rythment nos morceaux de leurs déhanchés harmonieux…

Comble du bonheur elles scandent notre nom : « Bomberos ! Bomberos !... »

Imaginer un seul instant que ces jeunes ramèneront le souvenir de notre groupe me touche profondément.

Soyez assurées jeunes filles que dés que l’on parlera de la Pologne c’est à vous que je penserai et plus jamais à vos valeureux artisans plombiers si souvent moqués par quelques penseurs vertueux…

 

Nous laissons la place à d’autres sons et traversons la foule reconnaissante qui s’ouvre devant nous comme une chaleureuse fermeture éclair…

 

Pourvu que l’on puisse revenir !

 

Une coco-girl à la fête…

 

Nous regagnons le restaurant sur le même petit nuage que la veille…

Le repas est déjà bien avancé quand Christine et Nanie se lèvent et demandent le silence pour une déclaration importante…Leur visage devient sérieux et franchement sur le coup je ne sais plus quoi penser…Alain et Christian sont en face…Nos comédiennes sont troublantes de vérité...Subitement en face les fourchettes, chargées, s’arrêtent à mi-distance entre l’assiette et le menton…

Nos deux garçons sont probablement  otages de la même pensée, la crainte ou le bonheur d’être une nouvelle fois… papas.

« Chers amis nous avons une excellente nouvelle à vous  annoncer… Aujourd’hui… c’est … c’est… l’anniversaire de Françoise ! »…

Reprenant ses esprits après une avalanche de bisous, notre Françoise dévoile un petit cadeau collégial…Deux oreilles de lapin blanc clignotantes, reliées par un serre tête la transforment en un clin d’œil en une adorable coco-girl…

Les regards se tournent maintenant vers Jean Charles… Façon Pujadas : « Mais que va-il- se  passer ? »

Magnanime, l’amoureux déclare : « Ma chérie, mon plus beau cadeau aujourd’hui, c’est d’être ici, avec les Bomberos ! »…Façon Luchini : « C’EST ENORME ! »…

Franchement, « ce mec est too much… »

Ensemble, nous promettons d’offrir le tutu, l’année prochaine, à la même date…

 

J’en ai encore autant mais…

 

En participant cette année à la fête des fleurs de Luchon, nous étions loin d’imaginer que pendant ces deux jours, nous allions vivre une telle escalade de bonheurs qui allait faire de cette date un repère majeur incontestable dans notre jeune carrière de musiciens des rues…

 

Notre Jojo national m’aide à conclure… Eugénie si tu savais,

                                                                                 Tout le bien que tu nous fais…

 

 

A bientôt au bord de l’eau,

Gégé.

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