L'Ariègeoise 2019: Tarascon - Col de Péguère:" y a des matins comme çà"...

publié le 3 juil. 2019 à 14:29 par Banda Bomberos de Ganac   [ mis à jour : 4 juil. 2019 à 05:42 ]

C'est aujourd'hui, samedi 29 juin, que la célèbre cyclosportive "l' Ariègeoise" va prendre le départ de Tarascon, avec un nombre impressionnant de participants...Nous assurerons l'animation au premier ravitaillement du col de Péguère...

Du haut de ses 1400 mètres - au diable la précision - le col doit sa notoriété au Tour de France qui l'emprunta pour la première fois en 2012, côté Massat, donc par son accés le plus redoutable, si redoutable que la presse sportive parle depuis, du célèbre "mur" de Péguère...Pour des raisons de sécurité insurmontables, sa descente, du même côté et en compétition, continue de dissuader les organisateurs de la "grande boucle"...

Pour l'occasion le rendez-vous est fixé devant la piscine de Foix, à une heure suffisamment avantageuse pour arriver au col et honorer à notre manière les forçats de la route, en plein effort, sous cette canicule bien installée, içi aussi, depuis quelques jours...

Tout, cependant, ne va pas marcher comme prévu et quitter Foix va devenir subitement très, très compliqué...

Les vingt kilomètres qui nous séparent du départ sont effectués à la vitesse d'un éclair par des milliers de coureurs qui se retrouvent sur Villote en un flot continu, ne laissant que de rares échappatoires à utiliser avec le talent des pilotes de formule1...Moteurs poussifs, s'abstenir!...

C'est dans ces conditions que nous retrouvons notre QG d'aujourd'hui pour un très rapide point sur la situation...Une fois le covoiturage rapidement organisé, la consigne est désormais très claire: " Rendez-vous là haut, et pas de coureurs sur le capot"...

Dés cet instant, j'entamais, avec une prudence inouie, une remontée absolument suréaliste de cet extraordinaire peloton multicolore...

Magnifiques sensations que nous ne pensions réservées qu'à quelques privilégiés...La route nous semble entièrement dédiée...En face, les rares utilisateurs semblent résignés...

Dans la voiture, personne ne semble vraiment douter de mes capacités à partager la route dans ces conditions...

Dépassements, évitements, ralentissements, renoncements, avertissements, clignotements, applaudissements et encouragements, voilà pour l'instant la liste des commandements...

Dans la voiture, Mégane a sorti son cornet, et vitres ouvertes, c'est en permanence l'appel au passo-doble, repris par Mathys, dans la voiture qui suit...

Sur le côté, malgré l'effort, les coureurs en redemandent...Certains même, débordant de ressources, n'hésitent pas à reprendre la sonnerie à tue-tête...

Nous venons de passer le col des Marous et bien que, très ombragée, la route me paraît encore longue pour rejoindre les premiers Bomberos...

Des signes de fatigue gagnent inexorablement le peloton et les jambes, maintenant, valident les pourcentages indiqués sur les panneaux routiers...

Pour nous, les choses semblent se simplifier.. La route se dégage d'un coup et l'idée d'une aubade pour la tête de course nous paraît réalisable d'autant que sur place le plus gros de la troupe devrait être en place...

A la sortie d'un virage, nous voilà enfin rassurés...Ils sont bien là!...Mieux encore, leur promptitude à commencer pourrait presque me faire penser qu'ils sont prêts depuis le petit matin... Serge et Yves seront les derniers à prendre place sur ce vaste espace enherbé, à trois cents mètres du basculement sur Massat...

Lionel prend rapidement possession de son chariot déjà en place et sur de rapides et précises indications de Christian, nous ouvrons l'aubade avec " l'incendie à Rio"...

Il est 10 heures et nous entamons deux heures non stop pour un passage continu de coureurs, hommes et femmes de tous âges, amoureux du vélo...

Un instant, près de la route, je note le numéro 5563 sur le guidon d'un participant...Pourtant, à ce moment des passages, la bataille n'est plus engagée... L'essentiel est de tenir jusqu'à Tarascon quelque soit le circuit choisi...

En attendant, notre amuseur attitré fait le show avec le quartet des trompettes...La route devient piste de danse et c'est sur Mauléon qu'avec Colette comme cavalière, Alain démarre une valse mémorable...

Malgré la fatigue, beaucoup de coureurs nous maifestent énormément de sympathie... Ces témoignages vont durer jusqu'au passage de la voiture balai, clap de fin de notre prestation...

Dans l'après-midi, nous apprendrons malheureusement que la course a été arrêtée à la suite d'un malaise fatal sur le parcours, d'une grave chute en descendant le Port, de plusieurs autres malaises et d'autres chutes sur crevaisons liées à la chaleur...

Comme nous nous trouvions sur la première partie du circuit il est très probable que tous ces coureurs soient passés devant nous, en haut du Col de Péguère et peut-être aussi qu'ils aient été amusés par notre divertissement...

"Show must go on!" comme on dit !... "Y a des matins comme çà" où tout peut basculer en quelques secondes, de la rigolade aux larmes...

Il n'empêche que les amuseurs que nous sommes s'associent à leur manière et dans ces quelques lignes sans prétention au chagrin de leurs proches...

La sortie se terminera pour nous autour d'un repas pris à Ganac avant une courte répétition de quelques morceaux choisis pour l'accompagnement des prochaines messes...

A samedi pour une nouvelle sortie en montagne...

Gégé



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