Je vous parle d'un temps : " Autrefois le Couserans"...

publié le 30 août 2015 à 13:53 par Banda Bomberos de Ganac
Trois ans déjà, depuis cette magnifique photo  autour de Hugues Aufray...

A une poignée de musiciens près, la photo pourrait être la même, mais, aujourd'hui, aucun signe d'une météo menaçante...

Les visages sont toujours aussi radieux...

Les musiciens  se préparent à vivre, ou à revivre pour la plupart, cette magnifique fresque vivante, forte de ses huit cents participants, qui raconte, dans un défilé impressionnant, le quotidien, vécu,  il y a plus d'un siècle dans les montagnes et les vallées du Couserans...

Le rendez-vous est fixé à 18 heures au Collège Aristide Bergès, où nous prenons nos quartiers pour la nuit...

Après une rapide reconnaissance des lieux, nous retrouvons, en tenue rouge, notre accompagnateur attitré, avec, venue des commerces environnants, la musique de Nadau, tellement présente dans ce coin d'Ariège...


 "Ath bi petit" !... Çà, c'est de l'estanquet !..

Après deux ponts que nous franchissons en musique, et un premier passage devant la "Taverne", nous sommes invités à  réveiller une longue rue, visiblement en contre temps avec la chaude ambiance des autres stations...

Tantôt de magnifiques façades recouvertes de vigne vierge attachante, tantôt des balcons et des fenêtres ouvragés donnent un aspect particulier à ce premier contact avec le centre ville...

Mais la contemplation ne dure pas, et très vite nous retrouvons les applaudissements, seule véritable motivation, à moins que nos papilles asséchées nous pressent instinctivement vers ce petit troquet, plein de monde, que nous avons dû éviter tout à l'heure...

A n'en point douter, ce soir, l’œil du cyclone, l'épicentre du séisme, c'est la taverne "Ath bi petit" !...

Des barriques en guise de tables accueillent les festayres et en matière de festayres, c'est du lourd...

Frêles silhouettes au regard lumineux, lourdes mémés au tempo assuré, colosses des campagnes, maigrichons des villes, petits frères et surtout grandes sœurs, c'est ici, ce soir, que la ville se retrouve, et nous devrons jouer des coudes pour baliser un carré nécessaire à une aubade singulière...

Ça, c'est de l'estanquet !... C'est presque comme à Dax !... Et oui, Joan, vous n'êtes jamais loin !...

Nous partageons l'espace avec des joueurs de cabrettes en tenue d'époque, rythmant leur prestation avec des grelots à leurs chevilles...

Les pauses programmées sont l'occasion de véritables expéditions vers les comptoirs de bois noir...

Là, pas de tickets !... Nos casquettes floquées sont de véritables cartes bleues...

De l'autre côté, sortis du cortège avant l'heure, béret noir débordant, cotte noire pendue à des bretelles à boutons posées sur des chemises rayées, barbes de trois jours, les serveurs n'ont que trois choix à proposer : demi,  jaune (du vrai !), ou eau minérale...

Et dire qu'ailleurs il y a des cartes à trois pages !... D'accord, mais ailleurs, c'est vide ! Ou presque !...

Nous quittons nos amis pour un véritable repas, servi non loin de là, dans un restaurant à  l'entrée surprenante, encadrée de deux buches droites enflammées de l'intérieur, véritables décors de cinéma...

Puis, alors que les dernières fusées du feu d'artifice se reflètent dans le Salat, nous reprenons les petites rues pleines de monde pour une animation nocturne qui nous ramène, lentement mais surement, sur le trottoir de la taverne que nous ne quittons plus jusqu'à très tard dans la nuit couseranaise...


"Si tu ne sais pas où tu vas, souviens toi d'où tu viens !"...

Après une courte nuit et un excellent petit déjeuner, nous nous retrouvons  en tenue de pompiers, au Parc des Expositions, où nous attend Christian et son précieux chargement : notre pompe centenaire qui trouve, aujourd'hui, sa totale signification dans ce défilé d'un autre siècle...

Nous restons un long moment sur le site où nous n'aurons pas les yeux assez grands pour assister à la mise en place et au départ des chars...

La route du foin avec les principaux outils tractés par l'animal... Les corvées dans les champs pentus... Le séchage ou l'aération quand l'orage s'y mettait... Le transport avec des attelages  impressionnants comme celui de six chevaux, en file indienne, harnais décorés et sabots cirés pour l'occasion, surveillés par le chien du fermier laissé là-haut avec les dernières balles de fourrage...

Les calèches magnifiques des riches propriétaires ou des gens de la 'haute"...

Puis les vrais pompiers, avec, derrière leur fanfare, le fameux motopompe Citroën U55, mais aussi le fourgon attelé des pompiers de Barcelone...

Nous clôturons le défilé juste avant le bi-plan Nieuport 1911 blanc de aéro-club de Saint Girons. Magnifique avion, qui malgré son envergure arrivera au plus près de la foule... Au dessus de nous,  trois avions de la même époque sillonnent le ciel dans une parfaite chorégraphie...

Ce retour en arrière de plus d'un siècle est absolument suffocant...

A l'heure du GPS et des commandes hydrauliques des tracteurs ultra-sophistiqués, tous ces tableaux vivants me parlent...

"Si tu ne sais pas où tu vas, souviens toi d'où tu viens"...

Une foule immense réserve au défilé un accueil extraordinaire...

Ne connaissant pas la ville, j'ai du mal à me repérer, mais  ces allées ombragées, noires de monde me saisissent particulièrement...

Les organisateurs prévoyaient vingt cinq mille spectateurs, soit, sur un seul week-end, quatre fois la population de la ville !...

 

Un dernier et on s'en va !...

Nous arrivons au terme du défilé, sur la vaste esplanade de la Mairie où un apéritif fruité nous est proposé...

Les participants absolument ravis, échangent à tout va...

Une chorale landaise entame l'Immortelle... C'est plus fort que moi !...J'y vais !...

Stéphanie, heureuse comme un lendemain de Noël, me montre un selfie normalement irréalisable...

Pascal ne troublera ces instants précieux que  pour nous demander d'aller nous changer le plus vite possible et revenir là-bas, sous le chapiteau géant, pour le repas...

Incontestablement, la faim justifie la rapidité de l’aller-retour...

Après avoir mis nos instruments en sécurité, nous regagnons la table réservée, bien décidés à ne rien laisser dans nos assiettes, et c'est normal, surtout quand on commence par du foie gras, "parfaitement parfait"...

Je suis séduit par le discours d'un vieux monsieur qui accapare l'attention de toute la tablée voisine...

J'en retiens l'essentiel...

..." La fête n'aurait pas été réussie si la population toute entière, de Saint Girons, mais aussi des autres vallées, ne s'était complètement immergée dans le projet... Il y a des villes

en Ariège, où la moutarde ne serait pas montée... Ici, dans le Couserans, ça marche"...

Ravigotés, nous reprenons le cours normal de notre animation avec l'ombre comme  seule exigence... Le public est toujours là et nous le fait savoir en permanence...

Les témoignages de sympathie sont autant de vitamines que nous consommons sans modération...

Il fallait bien mettre un terme, à contrecœur, à cet enchainement de stations, et c'est la taverne qui sera une nouvelle fois notre terminus...

Nous sommes attendus comme rarement nous le fûmes...

Devant ce rapide et unanime constat, nous allons envoyer comme jamais...

Tous nos nouveaux morceaux sont volontairement allongés par notre chef... Les reprises sont demandées... Les refrains sont repris spontanément par des chorales improvisées...

Puis il y a les bis et une demande récurrente, que Pascal ne peut plus  ignorer ...

"Allez !  Un dernier et on s'en va !... Hegoak, et vous nous aidez ! "...

Ces gaillards là ne sont pas du style à ne pas tenir parole...

Une rangée de costauds s'organise devant nous...

Liés par les épaules les voilà prêts, impressionnants de concentration...

Médusés, nous lançons l'hymne  dans des conditions jamais vécues...

Quand enfin arrive la partie chantée...

A cet instant  précis, nous atteignons le sublime car ils ont du coffre les bougres et l'écho renvoyé par la rue étroite nous donne à tous l'impression de jouer dans une église...

On ne pouvait souhaiter de meilleur final!...

Nous tirons le rideau à regrets sur cette scène magique  avec l'impression  qu'aujourd'hui, il s'est passé quelque chose de fort avec ce coin d'Ariège...

 

Joyeux anniversaire...

Il y a un an, à Argelès, l'orage commençait à en découdre

Quand, sur nos jeunes amis, claqua un coup de foudre.

Le trombone abandonné sur une table abritée, pouvait-il s'imaginer

Qu'avec l' éclair, deux notes de musique allaient se rapprocher?

Après Camille et Nicolas et puis Richard et Stéphanie

C'est la même partition pour Anaïs et Jérémy

Que la musique soit bonne, jeunes amis

Pour qu'on souffle avec vous de nouvelles bougies...

A  bientôt...


Gégé

 

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