Jamais 2 sans 3...

publié le 9 juin 2013 à 13:46 par Banda Bomberos de Ganac   [ mis à jour : 10 juin 2013 à 11:36 ]

Salut à tous,
  
Alors que le car quitte lentement mais sûrement Ganac, je fais le constat tristounet que certaines absences sont lourdes à combler.
Le panache blanc, l'accent haut savoyard, la tonicité portugaise me manquent déjà. Haro sur l'Université qui nous privera des Pom Pom cadencés de notre basse. Haro sur la  maladie qui retient le pilote de notre caisse dans les stands. Comme un gamin j'aurais bien aimé, une nouvelle fois, l'histoire des petites italiennes mais le conteur n'est pas là ce matin...
  
Très vite, Colette nous remet en tête le programme des trois jours qui viennent.
Très vite aussi les éclats de rires caractéristiques de Christine ponctuent, en l'alimentant, une ambiance réconfortante de potaches en voyage de fin d'année. Réconfortante est bien le mot, car quand on voit se qui se passe dehors, nous nous demandons tous si nous n'allons pas faire un allez-retour dans la journée...
  
Aire de Vinassan, tout le monde descend...
  
Nous faisons tous honneur à Pat, notre charcutier pour l'occasion, qui nous présente un assortiment de charcuterie à faire pâlir le plus réputé des "bouchons" lyonnais... Nous regagnons le chauffeur  aprés un dernier petit noir... Soudain un klaxon cadencé et prolongé attire forcément notre attention... Aucun doute pour moi... C'est un ariégeois... Et pas n'importe lequel, car un ariégeois dans un Astra bleue,... mais c'est bien sûr !!!... Ca ne peut être que lui... Dans le bus, des doigts indicateurs suivent le trajet de l'Opel qui contourne le vaste parking avant de nous rejoindre... En trente secondes le bus se vide et nous voilà tous autour de Jean Charles et de Serge...
Les voilà, pressés de questions... et quant on voit le contenu de la malle, nous sommes certains que la musique ne sera pas la même pour nos amis... A cet instant pour moi, ce déplacement serait une réussite... Bien plus tard, ce ne sont pas le petit bobo de Michel, notre ténor, ou le petit pépin de la clarinette d'Arnaud qui modifieront cette impression...
 
Nous voilà arrivés à notre lieu d'hébergement sous un déluge... Après avoir pris nos marques, l'organisateur hésite longtemps à nous lancer... Nous nous mettrons en bouche dans le vaste hall de la gare, puis sous un barnum où nous seront offerts nos premiers remontants... Peu de temps après nous récupérons  Mireille et Mathieu, le régional de l'étape...
  
Le lendemain un ciel d'azur remplace le pare-soleil de la veille. Les aubades se succèdent avec nos standards et nos nouveautés que l'on rode avec le maximun d'attention. Nous comprenons très vite que le Paquito et le Vino seront les passeports musicaux de la fête et que, de fait, aucune bodega ne pourra nous résister...
Nous sommes honorés d'assurer musicalement la progression du Paquito géant qui doit relever le défi basque. Le challenge se déroule  à travers une foule compacte qui contrarie le défilé. Nous sommes bousculés en permanence, obligés d'interrompre souvent le morceau interprété en boucle... 
Le résultat sera qualifié de "timide" par la presse locale "malgré la banda ariégeoise..." comme le souligne le Midi Libre.
 
Nous ressortons tous épuisés par cette expérience et tentons de reprendre des forces à la terrasse d'un café - un de plus... En général ces stations sont beaucoup plus efficaces que la plus complète des ordonnances médicales... Cette pause technique, complètement consacrée à nos organismes, ne va bientôt être qu'un lointain souvenir car le spectacle ne tarde pas à reprendre. Comme toujours nous remercions notre hôte à notre manière sauf que cette fois...
 
Nous sommes sur le boulevard le plus important de la ville et un attroupement se forme de plus en plus dense... Cette concentration n'échappe évidemment pas à notre vigilent chef qui enchaine les morceaux.  Plus la musique donne, plus le monde arrive et plus le monde arrive, plus notre Pascal décolle et quand Pascal décolle on DOIT assurer... L'homme est partout. Debout sur un conteneur, il impose la cadence, le chant et la chorégraphie à la foule désormais acquise. Je délaisse ma partition un court instant et je vois le monde, tantôt accroupi, tantôt debout, les bras en l'air reprenant avec ferveur le célèbre refrain du "temps des fleurs". Plus tard, posé sur une marche de marbre frais, une dame me confiera que malgré sa prothèse elle participa activement à l'exercice... Incroyable mais vrai.
C'était vraiment le temps des fleurs et j'offre volontiers les miennes à notre chef...
  
Le concert des bandas s'annonce dans des conditions exceptionnelles. Tour à tour les formations présentent ce qu'elles ont estimé de meilleur pour l'occasion. Nous varions le traditionnel et la variété. Un passo doble au cordeau explose la foule. Le tango, le flamenco et le madison qui s'enchainent confirment l'excellent accueil du public. Pour clôturer le concert nous interprétons, les quatre bandas ensemble, le Paquito et le Vino dans une magnifique harmonie. Le public nous retient longtemps mais tout a une fin et les joyeuses troupes s'engouffrent toujours en musique dans les ruelles proches, pour se retrouver autour du repas bien mérité...
 
Les instruments sont mis en sécurité. Un DJ nous invite au défoulement sur des airs de sardines, de vaches qui courent après les taureaux et de slips de mauvaise qualité... Beaucoup de blancs sous les spots multicolores et soudain une frêle silhouette rouge et noire, souple comme une liane, amplifie le rythme. Deux petits rectangles cernés de noir vont et viennent sous un rideau de cheveux noirs. Un large sourire témoigne un soulagement certain après une journée bien remplie.
On se serait cru dans une boum d'étudiants après les résultats de fin d'année. Merci Stef pour ta bonne humeur communicative...
Dans la soirée une dernière bodega nous accueille avec ferveur. Le DJ ralentit les soubresauts de sa console et exige un nouveau Paquito et un nouveau Vino. Nous nous exécutons sans problème... A notre surprise Alain se place en tête du serpent. Arrive un gaillard qui devait mesurer aux environs de 1,982 m et bien tenir ses 103,52 kilos. Aïe !... l'ariégeois marque le coup!!   Tout de suite après, il exigera un poids maximun sous peine de rapatriement sanitaire... J'ai même entendu le DJ dire, sono à fond, que c'était pour des moments comme ceux là, qu'il adorait son métier...
  
La dernière journée nous donne l'occasion de sortir nos casques rutilants. Les derniers morceaux sont réservés aux aficionados des arènes qui sortent des dernières corridas. J'ai l'impression que la ville veut nous garder...
 
Dans le bus, alors que le sort de quelques douleurs musculaires est confié à Ginette, notre désormais soigneuse attitrée,  Colette reprend des images réconfortantes. Même si les "petites italiennes" quittent la route pour emprunter des rails, les comparaisons restent toujours d'une grande efficacité. Les encouragements de notre présidente nous font beaucoup de bien.
 
Voilà, les amis, je pense que nous avons pris une revanche sur l'année dernière où nous avons été privés involontairement de moments très forts. Il est probable qu'il n'y aura pas de 4ème rendez-vous avec cette ville hyper accueillante.
J'ai souhaité vous faire partager ces 3 jours d'amitié et régler mon zoom sur des moments qu'un journaliste n'a pas pu voir.
  
A très bientôt.
  
Gégé

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