Il était une fois... Luchon

publié le 29 août 2014 à 00:50 par Banda Bomberos de Ganac

Alors que l’été tente désespérément de faire oublier son mauvais caractère, nous retrouvons, une nouvelle fois, Luchon, la « reine des Pyrénées », et sa majestueuse fête des fleurs, pour deux jours de féerie, deux jours de complète régénération, bref deux jours de bonheur communicatif où tout nous semble autorisé sur cette immense allée d’Etigny…

 

Outre les groupes musicaux de la ville ou des villages voisins, nous participons  pour la deuxième fois consécutive à cet évènement unique dans la région…

Je mesure avec beaucoup d’humilité, l’honneur qui nous est fait d’amuser une fois de plus ce public chaleureux et accueillant qui manifeste souvent un plaisir sincère à la découverte de notre répertoire...

 

Accompagnés de nos amis Nadine, Patrick et Cédric, nous présenterons un programme simple et varié qui, comme d’habitude, associera largement le public aux refrains connus de tous…

 

Nous voilà tous sur le pont, en ce samedi matin…

Il est dix heures, Luchon s’éveille...

Les nuages s’écartent, peu à peu dans d’ultimes bâillements…

Sur l’immense avenue d’Etigny, les livreurs sont sous pression, comme les boissons qu’ils transportent dans leurs tonnelets blancs…

Aux terrasses des cafés, c’est la ronde des éponges sur les tables ruisselantes…

C’est le moment des petits noirs et des viennoiseries de tous genres…

C’est aussi l’heure des cabas débordants de fruits et de légumes…

 

« C’est qu’il y a du monde à manger, cher monsieur, et il faut du temps…»

 

« Tournicoti, tournicoton, et voici Zébulon…»

 

Nous contribuons avec quelques bandas au réveil de cette ville magique par de courtes aubades en des endroits soigneusement listés par notre  accompagnateur…

Imaginer que nous, Bomberos, servons de récompenses musicales, à de probables généreux donateurs, modifie provisoirement le volume de mes chevilles…

Heureusement, un discret petit couac, uniquement audible que par moi seul, me renvoie à mes valeurs…

Pour le coup, ce sont mes chaussures que je trouve trop grandes ...

Au gré de nos stations, Ginette retombe en enfance…

Nous avons beaucoup de mal à la séparer d’un petit cheval de bois, monté sur  ressort, qu’une pharmacienne a installé devant son officine pour calmer l’impatience des tout petits…Voilà notre Ginette transformée en Zèbulon...

 

Nous quittons momentanément l’ambiance chaleureuse de l’avenue pour retrouver le vaste chalet à la charpente époustouflante, qui sert de réfectoire à tous les musiciens et danseurs venus des quatre coins du monde…

 

Nous prendrons nos quartiers, comme l’année dernière, à «La maison de l’Enfant », dans la vallée du Lys, où nous choisirons nos dortoirs…

L’installation finalisée, nous comblons diversement le temps libre qui nous sépare du premier grand rendez-vous avec les Luchonnais…   

 

«Oh !...Jolie Sarah !...»

 

Notre préoccupation majeure consiste à accrocher l’attention du public… 

J’ai l’impression que nous n’allons pas tarder à trouver la clé…

L’ambiance monte rapidement autour du groupe…

Il y a de plus en plus de monde sur l’avenue, entièrement réservée, depuis quelques heures maintenant, aux piétons et aux musiciens…

Nos différents arrêts ne laissent personne indifférent...

Les terrasses se remplissent à la grande satisfaction des commerçants…

Malgré l’excitation générale liée à l’importance de l’évènement, nous recevons souvent des remerciements … désaltérants…

Nous sympathisons rapidement avec monsieur Manu dont le prénom s’inscrit en lettres dorées sur le calicot vert de son restaurant…

Nous aurons de nombreuses occasions de faire échos à l’intérêt qu’il nous témoigne…

La soirée s’écoule avec des temps toujours aussi forts, aussi conviviaux…

Nous n’économisons aucune énergie pour donner le meilleur, et notre sincérité ne trompe personne…

Nos déplacements nous amènent devant un petit bar d’où surgit une belle serveuse, brunette à la peau mate, genre coco girl avec deux oreilles de lapin dans les cheveux…

Chaque matin, la belle doit remercier dame nature et… le magasin qui lui a vendu ce tout petit short vert pale qui…

 

Soudain, les dents se mettent à claquer en dehors de leur cage…

Les trompettes et  les trombones perdent brutalement leur embouchure…

Alors qu’une clarinette entonne la sirène des pompiers, un sax lance la Marseillaise, sans commandement…

Les grosses caisses entament un tempo, jusqu’alors inconnu…

Je me surprends même à aboyer à la lune…

 

La belle s’appelle Sarah et nous avoue une passion inconsidérée pour la danse disco…

Qu’à cela ne tienne, belle enfant, nous allons vous faire danser…

 

Je pense que nous n’interprèterons plus jamais un « Hot Stuff » de cette qualité…

 

L’escalier du bonheur…

 

Nous ressortons de ce carré magique sans dégât, et avec une étonnante clairvoyance…

Nous n’avons perdu aucun jeune…

Les épouses nous ont témoigné une compassion très magnanime mais sur un ton qui n’autorisait, cependant, aucune tentative de retour en arrière, là bas, en face de la statue de Joffre…

Nous sommes condamnés à regarder devant, vers la mairie, car dans quelques instants, nous allons vivre le moment le plus important de notre sortie…

Le podium, symbolisé par l’escalier monumental de la mairie, à jamais gravé dans ma mémoire…

Beaucoup de monde déjà, pour les premiers groupes…

 

« Et ça continue, encore et encore »…

 

Pascal  choisit trois morceaux : « Laissez-moi danser », « Le lion » et « Les yeux d’Emilie »…

D’un simple coup d’œil, notre chef s’assure que l’ordre des morceaux a été bien noté et que personne ne se fait… pipi dessus…

 

Le « radio » nous appelle enfin…

Pascal nous place sur les premières marches et nous surplombons maintenant les quatre caisses claires d’Adrien, notre batteur…

 

Les yeux sont rivés sur la main de Pascal et, hop, sur le second temps, nous faisons revivre Dalida avec une interprétation remarquable…

Le lion est décliné comme d’habitude avec ses couplets chantés…

Vient enfin notre nouveau Dassin qui soulève la foule dans une clameur impressionnante …

Nous recevrons, comme tous les autres groupes, la bannière de la fête des fleurs des mains de la reine et de ses dauphines…   

 

Enfin les contes de fées !...

 

Cette année, le thème du corso fleuri est « les contes de fées qui ont bercé notre enfance»…

Nous sommes chargés d’amuser le public, avant l’arrivée des chars…

Arrivés suffisamment tôt, nous avons tout le loisir de jouer devant une foule impressionnante, massée de part et d’autre de cette splendide avenue…

Revenus à la raison, nos pompiers font l’unanimité…

 

A ce sujet, je tiens à rassurer nos supporters inconditionnels que le retournement de veste, très éphémère, d’un « quarteron » de pompiers, ayant pour non de code  « Dindonos »,  que la presse argelèsienne a largement relaté le lendemain du rassemblement « Muchas Bandas », a été maté sans condition…

Les dissidents ont reconnu spontanément que les trois minutes et demie de tentative de séparation furent une éternité et qu’il serait désormais insoutenable de lâcher ce groupe d’amis que sont les Bomberos…Dont acte !...

 

Enfin arrivent les tacots, et nous voilà rapidement plongés dans le livre magique...

 

Vingt trois tableaux aux fleurs multicolores, rivalisant de beauté et de précision, défilent devant nos yeux admiratifs…

Des groupes folkloriques colorés et leur musique traditionnelle, venus d’Europe et de Colombie, ponctuent avec harmonie et grâce, le déroulement de ce spectacle féerique…

Après ces instants d’émotion que l’on aurait voulus interminables, nous laissons la place à d’autres musiciens chargés eux aussi de combler l’impatience du second passage…

 

Nous rejoindrons plus tard ce défilé magique où les chars seront dépouillés de leurs fleurs, laissant derrière eux une épaisse couche de verdure, gigantesque pot pourri qui ajoutait à la beauté de la ville, un parfum unique et persistant …

 

La foule est encore dense en cette fin d’après-midi…

Nous devons respecter des stations et des horaires mais le succès du défilé explose toutes les prévisions, à tel point que nous nous trouvons à nouveau sur le parvis de la mairie, obligés d’attendre un auditoire toujours retenu à la tribune officielle, sur la place des thermes…

 

Le cadeau d’Arnaud…

 

Pascal décide de bouger et c’est plus loin que nous calmons les fourmillements d’impatience qui commençaient à nous envahir…

Nous drainons beaucoup de monde dans ces courtes transhumances et faisons quelques déçus quand on quitte les lieux…

Nous revenons sur la place de la mairie où nous retrouvons beaucoup de têtes connues …

Le comble du bonheur pour nous, c’est que les chaises et les pliants suivent maintenant…

J’ai l’impression que les gens s’installent pour le spectacle…

Pascal lance le « Temps des fleurs »…

Nous commençons  toujours ce morceau par un solo et tour à tour les musiciens les plus en confiance reprennent les couplets à leur manière…

Notre jeune clarinettiste Arnaud commence avec une improvisation magnifique…

Les octaves sont limpides, assurés…Le musicien enchaîne les trémolos…Le son est d’une fluidité remarquable, digne des plus grands…

Je ne me souviens pas avoir entendu pareille prouesse de la part de notre jeune et ne peux m’empêcher de penser à une sorte de cadeau qu’il nous offrait à tous, avant son intégration dans l’armée de l’air dans huit jours exactement et donc avant de longues séparations…

Bravo l’artiste !... Bon vent à toi et n’oublie pas les Bomberos…

 

Bientôt le clap de fin…

 

L’excellence fait des émules…Pascal à la trompette et Christian au sax ajoutent des variations inhabituelles à leur solo…Tout passe merveilleusement et le public se manifeste après chaque impro…Je ne pense pas avoir connu pareil engouement…

 

D’autres émotions suivront mais nous devrons nous résoudre à quitter cette ville bienfaitrice à contrecoeur…

Nous quitterons aussi, nos merveilleux amis de Pierrefitte avec qui nous venons de partager, une nouvelle fois, d’inoubliables moments et dont la prochaine participation à notre sortie du Grau du Roi nous comble de joie…

 

J’espère vous avoir fait partager quelques images que le garderai longtemps dans ma tête, comme d’impérissables souvenirs de cette sortie luchonnaise…

 

A bientôt au pays de Crin Blanc

 

Gégé

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