C'est sûr !... C'est Ségura...

publié le 8 juil. 2014 à 08:30 par Banda Bomberos de Ganac

Caché quelque part entre Pamiers et Varilhes, ce tout petit village d’Ariège nous reçoit, en ce début juillet, sous l’ombre apaisante des quatre magnifiques platanes qui quadrillent la place, pour ouvrir, à notre manière, les festivités 2014…

 

Un parking accueillant nous permet de préparer nos instruments et c’est groupés que nous arrivons sur la placette où nous attendent les premiers villageois…

 

Je suis surpris par une petite brunette, et oui Nanie, encore une, la bouche remplie de  jolies et régulières petites quenottes, qui veut assurément en savoir plus sur nos instruments…

Après une rapide explication, je comprends très vite à son regard, que pour elle, il n’y aura plus de confusion entre une flûte et une clarinette…La maman et le grand frère me semblent eux aussi convaincus…

 

Avec l’accord du comité des fêtes, nous attendons un petit peu plus de monde…

Pour l’instant l’ambiance ne semble pas subir le contrecoup du but que les Teutons nous ont marqué la veille…Certes ils ne nous ont pas repris l’Alsace et la Lorraine, mais quand même, « j’me comprends !... »

Nous apprécions tous la présence de Jeannou qui nous avait promis de revenir une fois les examens réussis...Chapeau bas l’artiste…

L’emblématique hélicon blanc reprend du service et rythme  à nouveau nos morceaux…

                                                                                                                                                        

Ah, Ségura !... Que de souvenirs !...

 

Mon copain Michel me semble complètement absorbé par des souvenirs lointains…

Même si l’exercice est totalement impossible pour la majorité d’entre nous, il faut s’imaginer cinquante ans en arrière…

Ici, au même endroit, sous ces platanes au tronc beaucoup plus lisse que maintenant, sur ces renforts de pierre qui servent encore d’orchestre, des jeunes musiciens accomplissaient leurs rêves…

 

Ils étaient six… Ils avaient seize ans ou presque… Ils jouaient des airs de notre époque, l’époque « Age tendre »…Ils tentaient de partager les fêtes avec l’accordéon roi qui accaparait tous les répertoires…

Michel était le meneur…

Je le revois, avec son sax en cuivre oxydé, protégé par une housse de jute, solidement arrimé sur le porte-bagages de sa Mobylette repeinte en orange et vert, couleurs référencées Someca, la prestigieuse marque de tracteurs que son père réparait dans toute la contrée…

Les déplacements se faisaient ainsi jusqu’au permis de conduire et l’inoubliable Combi Volkswagen…

A l’époque les cheveux n’acceptaient aucune autre discipline que celle du tempo de la guitare basse…Les mèches reprenaient toujours leur place sur des hochements secs et ponctués…

 

Oui, c’est sûr !... C’est bien ici, à Segura mais aussi dans d’autres petits villages autour de Pamiers que tout commença, en 1964…

Il fallait avoir l’envie… Il fallait avoir le culot…

Je devais bien cette courte embardée à mon copain.

 

Toc, toc !... Il faut y aller maintenant !...

 

Nous célébrons ce petit coin de France en musique. L’alternance avec le chant rend ce morceau de plus en plus apprécié…Comme toujours, d’abord timides, les applaudissements s’amplifient naturellement…Il faut dire que ce diable de Pascal ressort les standards les plus fédérateurs…

Les tous petits s’en mêlent…Je reconnais ma petite copine…

Les morceaux s’enchainent dans ce début de soirée jusqu’au traditionnel repas que nous prenons dans un temps minuté…

 

La reprise de l’animation se fait après un rituel incontournable où l’attention est complètement réservée à nos instruments…

Nous nous accordons rapidement une nouvelle fois sur un diapason conventionnel…

Les coulisses et les pistons reçoivent une nouvelle lubrification …

Les anches retrouvent un taux d’humidité acceptable…

 

Généralement nous replongeons vite dans le sujet…

Avant ces reprises, je saisis souvent  des signes d’encouragement, discrets mais tout-à-fait réels…

Pascal remarque deux belles Séguriennes derrière moi et me demande de rester calme…

 

Apparemment sans relation directe avec l’évènement, le célèbre Dédé retrouve les siens dans une étreinte appuyée et interminable…

« Dieu que c’est beau...» comme l’aurait chanté Daniel Balavoine…

 

Déjà 22 heures largement passées…

Nous quittons à regret le petit village avec Emilie et son éternelle joie de vivre…

 

La musique électronique prend la suite sur des airs entrainants…

 

Le visage dans les étoiles, Steph perd tout contrôle avec la croute terrestre…

Je vois dans ce voyage interstellaire le signe incontestable d’une sortie réussie…

 

C’est « seguro », l’été est chaud à Ségura !...

 

A bientôt autour de quelques bougies…

 

Gégé

 

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