Castelnau-Durban ou l’incroyable festin…

publié le 14 sept. 2017 à 02:22 par Banda Bomberos de Ganac

Nous avons rendez vous, en cette veille de week-end, à Castelnau-Durban pour animer la soirée cassoulet, point de départ de trois jours de fête dans ce petit village d’Ariège qui évoque à lui seul un haut lieu de la résistance et de la libération du département  en août  44…

Après avoir rassemblé la quasi-totalité de l’effectif à Foix, pour une répartition optimale des véhicules,  nous retrouvons le reste de la troupe, sur place, confortablement installé à la terrasse du café « Victor », juste en face l’immense place où va se dérouler la soirée traditionnellement dédiée à ce petit haricot blanc, souvent  appelé «haricot musicien » dont  la prestation devrait intervenir  un peu plus tard dans la soirée, donc sans véritable concurrence pour nous…

 

La place est entièrement occupée par d’immenses chapiteaux abritant quatre rangées de tables d’une impressionnante longueur et pour l’instant, complètement désertes de tous ustensiles laissant supposer que dans quelques minutes, va se dérouler ici, un incroyable  festin, à  mon avis, complètement surréaliste, moi, pour qui organiser des grillades pour une dizaine de copains, est déjà un véritable exploit…

 

Très vite cependant, une vingtaine de jeunes, hyper accueillants,  aux tee-shirts verts, imposent à l’espace, une organisation de ruche…

Sur les nappes de papier, déroulées en un temps record, des repères au feutre noir,  indiquent de vagues réservations…Ici,  « Rimont », là « La Bastide »…On est très loin de places numérotées…

Mais comment donc vont-ils pouvoir caser, sans infarctus, les 550 convives annoncées sur ces bancs immenses?...

 

Première figure: Ce n’est que l’apéritif…

 

 Avant la déferlante, attendue maintenant pour une bonne demi-heure, nous tentons de baliser une petite surface capable de nous recevoir, d’autant que quelques précisions nous parviennent sur le timing de la soirée…

Une rumeur persistante parle de plusieurs placements entre les rangées afin que tout le monde profite…

Comment bouger dix huit valeureux pompiers sans dispersion, en préservant les conditions correctes de jeu…

Plus tard dans la soirée, quelques demandes ne seront, hélas, pas satisfaites…

Il faudra souvent  toute la diplomatie de notre président pour éviter l’impossible…

Après avoir joué des coudes, nous lançons enfin les opérations…

Devant nous, les gens, de plus en plus nombreux, prennent leur place dans des conditions remarquables…

Malgré le brouhaha, notre musique porte et nous le comprenons très vite…

La clameur monte…La sauce prend !…

Bientôt le vaste «estanquet », jamais très loin, sera notre  « Croix Rouge » et nos papilles déshydratées exigeront les perfusions habituelles…

Quelques morceaux plus tard, c’est une autre partition qui nous est proposée…

Bizarrement, le déchiffrage ne pose aucun problème…

Trois énormes saladiers arrivent délicatement sur notre table…

L’invitation est claire et encourageante : « Si vous n’en avez pas assez, je reviendrais !…»

Dans quelques minutes, cette phrase magique, incontournable des bonnes manières, se révèlera extrêmement précieuse…

Ah, Michel, si tu savais comme c’était bon !...

Nous n’attendrons pas le dessert…

 

Deuxième figure : Le lâcher de cuivres…

 

La reprise s’effectue avec une motivation exceptionnelle…

Alain sonne le rassemblement…

Ce soir pas de slow…La drague se fera sur d’autres tempos…

Nous relançons le débat sur les airs identitaires…

Nous constatons avec joie que le soufflet n’est pas tombé…

L’entracte a permis seulement de maintenir l’ambiance au chaud…La température monte régulièrement  et bientôt …l’ébullition…

 

Pantois d’admiration, j’assiste à un véritable lâcher de cuivres…

 

« Les copains d’abord » laisse libre cours aux improvisations…Chacun envoie, avec plus ou moins de culot, plus ou moins de force…

Ce soir, avec cette affluence impressionnante, et malgré un cœur  gros comme çà, les bois et les sax sont, malgré eux, insuffisants…

 Forts de ce constat, les cuivres s’emparent du pouvoir…

Ils sont trois trombones, trois trompettes et un hélicon et ils sont déchaînés…

Ce qui se passe est phénoménal… Les relais sont passés à merveille soutenus par un Lionel descendu tout droit d’un vaisseau spatial…

« Et ça continue, encore et encore »…

Des images oubliées renaissent subitement…Debout sur un banc, Alain exhorte le public qui réagit à merveille…

 

« On sentait bien, monsieur le juge, que le couvercle n’allait pas tenir…

On voyait bien, monsieur le juge, que les gens se levaient sur les bancs, certains même sur les tables, alors, pitié pour nos musiciens… »

 

A peine revenus sur terre, nous n’oublions pas la promesse d’un bon dessert…

La dégustation se fera sur la musique de Nadau avec le sublimissime « Mon Dieu que j’en suis à mon aise » et le « Se Canto » repris à tue tête par le public entièrement acquis, encore un, à la poésie de ce pèlerin de la culture occitane…

 

Nous retrouvons avec impatience le public surchauffé avec Sister Act, Santiano et Emilie qui précèdera un final basque tant attendu, avant de laisser la place au DJ dans un timing de professionnels…

 

C’est sur l’annonce d’un nouveau contrat à Tarascon, que nous nous séparons, vidés mais conscients d’avoir rempli, ce soir, un véritable contrat de musique de rues où, souvent libérés de la rigueur de nos partitions, nous avons joué avec nos tripes pour un public qui, de toute évidence, a apprécié notre sincérité…

 

A très bientôt sur les traces de Garcia Lorca…

 

Gégé

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