Bénac 2019: Onze ans après!...

publié le 18 août 2019 à 10:04 par Banda Bomberos de Ganac

Comment oublier cette matinée du 22 décembre 2008 où Bénac, l'Ariège et la région Midi Pyrénées à l'époque, fêtaient le retour en terre bénacoise de Chloé Mortaud, Miss France 2009...Nous retrouvons ce matin, le même endroit, peut-être même le même chapiteau... Le soleil était alors de la partie; aujourd'hui une bruine automnale gâche le décors...La pelouse, très humide, engluait alors les escarpins de Geneviève de Fontenay; aujourd'hui le sol reballe comme une enclume et les crevasses ont du mal à se fermer...

Seuls manquaient à cette réception inoubliable, les "Incantats", personnages de chiffons, grandeur nature, aux visages d'une extraordinaire expression, mis en scène avec soin à travers le village sur un itinéraire au nom désormais célèbre du "Camin des incantats"...

La célébration de nos "aïnats" avec une si grande poésie est tout simplement renversante...

Nous garons nos voitures près de la petite église romane qui, dans peu de temps va accueillir la foule des grands jours pour la messe de la fête...

Sous le porche, je suis saisi par la présence figée de monsieur le curé, accueillant de jeunes mariés, sous le regard attendrissant d'une mémé émue et d'un pépé clarinettiste, assis sous la tonnelle, et attendant probablement le moment propice pour lancer la première polka piquée, point de départ d'une longue et mémorable journée de mariage...

Pour moi, tout commençait par ce tableau, tellement vrai que je me surprenais à attendre de nos hôtes immobiles le retour appuyé de mes respectueuses salutations...

Nous nous installons dans le choeur de l'église, seul endroit capable de nous recevoir groupés, derrière l'autel où officiera monsieur le curé Lassalle, surpris et heureux de nous retrouver ici, aujourd'hui, contre toute attente, par la volonté d'un comité des fêtes cachotier jusqu'au bout...

Sous l'action du signal électronique, les cloches en finissent...

C'est le moment pour nous d'accueillir les fidéles avec le traditionnel "Fanfare" présenté dans une accoustique exceptionnelle...Puis l"Arioso" accompagnera l'offertoire, l"Adagio" la communion et enfin, " La Marche" de Weber, que monsieur le curé invite à écouter assis, raisonnera pour les derniers moments de la cérémonie...

L'ovation qui s'en suit nous remplit de fierté... Nous saluons, debouts, comme des pros, avant de reprendre en guise de remerciement le tonique morceau d'entrée...

Honorés par ces félicitations unanimes, nous rejoignons le monument aux morts pour le traditionnel hommage des villageois, sous une pluie fine qui, à l'évidence, a échappé à toutes prévisions météorologiques...

Nous rejoignons enfin les chapiteaux, dépossédés de leurs tables et de leurs bancs en trois coups de cuillères à pot par un président du comité, très attentif à notre confort...

Forcément le registre va changer...

Je me souviens pourtant que la "Dame au chapeau", grisée par le bon air ariégeois, avait tenté une Marseillaise acapella, heureusement avortée par manque de soutien musical… Mais "quand la musique est bonne" , on peut s'amuser de tout , n'est-ce pas monsieur Gainsbourg?

C'est donc à l'abri que nous allons présenter nos principaux morceaux sous la direction de notre tuba de service, à l'énergie inépuisable, probable échange surnaturel avec les lignes électriques qu'il connait mieux que quiconque...

Les carnets défilent...L'unique coupure est très courte...Les chorus sont là, sur les Copains d'abord, puis sur le Temps des fleurs que je tente avec l'aide de Yves, excellent pédagogue dont je ne retiendrais que ces trois mots: "C'est bien Gégé!"...Le public bouge sur le Vino Griègo attendu...Les incontournables et "contractuelles" Incantada et Emilie arrivent...Ca continue à bouger, de plus en plus... Le Refuge seul, va ramener un peu de calme...Puis Mauléon remet du mouvement...

Une demande de plus en plus pressante pour le Se Canto que nous allons écarter dans un premier temps pour des raisons de tonalité. Dans un premier temps seulement, car les groupies en rajoutent...A court d'arguments, nous nous résignons et le chant, fédérateur, va remplacer la partition... Prévenant, je poursuis, dans un Occitan approximatif, avec les couplets que je viens de tirer de ma boîte à idées...

Nos jeunes amis alignent un Despacito magnifique avant le miraculeux Lion qui renaît de ses cendres pour un final remarqué...

L'heure avancée n'a fait qu'exacerber nos appétits...

Nos heures supplémentaires vont être largement gratifiées par un repas succulent autour d'un confit de canard et de son copieux cassoulet...

Nos voisins Bénacois ont décidément bien fait les choses...

Nous nous souviendrons longtemps de ce nouveau passage dans ce petit village de la Barguillère où les pages se tournent sans jamais se déchirer...

A samedi dans le Couserans...

Ours y es - tu?...


Gégé





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