« On va voir les vaches ?... »

publié le 25 juin 2014 à 02:28 par Banda Bomberos de Ganac

Juin est le mois du grand remue-ménage dans nos montagnes.

Dés que les alpages ont quitté leur manteau blanc, les étables se vident et de longues processions d’animaux quittent les vallées pour les prairies plus verdoyantes …

Les plus gros villages fêtent l’évènement…

Ces gros rassemblements participent à la compréhension de l’économie pastorale tout en créant des rendez- vous conviviaux très appréciés…

Dans le Couserans, Seix est un des principaux pourvoyeurs de la culture pastorale…

 

Nous sommes le 15 juin cette année, et les Bomberos seront un des maillons musicaux de cette transhumance…

 

Une appréciation des distances un peu trop hasardeuse de notre part complique notre arrivée et mettra sûrement en question notre légendaire ponctualité…

Sortie de Saint-Girons, mal nous prend de suivre un itinéraire Poids Lourds…

Arrivés à Seix, le village nous semble anormalement silencieux…

Nous nous inquiétons auprès d’une villageoise, une dame corpulente, plantée sur des jambes sans cheville que terminent des charentaises très usagées, à la limite de la séparation…

Un tablier gris bleu doit lui servir de troisième protection thermique…

 

 

« Vous n’êtes pas rentrés du bon côté !... »

Aïe !...Rentrer dans Seix du mauvais côté …

« Vous devez le prendre par l’autre bout !... »

Atal… Comença plan !...

 

Je comprends immédiatement ce que ses grosses mains m’indiquent et c’est sur un remerciement appuyé que nous quittons la rue étroite pour le centre du village où la fête prend son rythme…

Drôle d’impression que de passer devant nos amis Bomberos, interprétant, en formation, un « petit coin de France »…

Notre préparation est rapide et nous rentrons dans le cercle comme si de rien n’était, juste le temps d’amicales salutations…

 

Pendant que les groupes se mettent en place, nous assurons l’animation, tantôt sur la place, tantôt de part et d’autre du pont qui enjambe le Salat...

Puis le présentateur donne de la voix et annonce les premiers troupeaux …

 

Les vaches ouvrent le défilé…

On dirait qu’elles ont le souvenir de leurs propres alpages du dernier été…A l’évidence c’est sans éclat de voix, sans les chiens, pourtant prêts à rabattre au premier ordre, que les directions se prennent naturellement…

Viendront ensuite les brebis, puis les chèvres et enfin les magnifiques chevaux noirs de Mérens…

 

Les ordres de passage sont suffisamment espacés pour que nous poursuivions l’animation devant un public de plus en plus nombreux…

 

Nos déplacements se font sur un revêtement qui change de plus en plus de couleur et nous avons tous à l’esprit que nous devrions vite gagner beaucoup d’argent…

 

L’heure tourne et bientôt les quatre cloches du mur clocher se mettent en branle pour annoncer la mi-journée…

Le mouvement de ces bourdons est impressionnant…

Ce village est magnifique. Il n’est pas un endroit où le regard trouve un intérêt certain…Jusque dans le Salat où s’amusent des truites endémiques qui font pâlir de nombreux « pescofis »…

 

Nous sommes invités à déjeuner sous un chapiteau dressé à l’extérieur du village sur une prairie d’un vert sorti tout droit de la palette d’un peintre, paillasson naturel pour nos semelles parfumées…

 

Nous sommes servis par un personnel très attentionné…

 

Notre chef nous précise qu’il n’y aura pas de temps pour la sieste…

 

Nous serons donc les premiers à animer les agapes…

 

Suivront naturellement nos confrères festayres dont un groupe de joueurs de cornemuses, dans leur costume d’Ecossais impeccable, avec qui nous partagerons les multiples aubades…

Une photo scellera à jamais cette éphémère participation…

 

Un nouvel élan était donné et la fête reprenait de plus belle sur ce billard démesuré…

 

Nous alignons un paso doble d’enfer avec le batteur Ecossais…

 

A la demande générale nous enchainons avec le Vino Griego, entourés par les groupes folkloriques qui lancent spontanément le mouvement chaloupé de cet éternel hymne bayonnais…

 

Petit à petit le cercle se referme sur nous et les trombones appellent les inconditionnels du Paquito…

Repris en boucle pendant de longues minutes, ce dernier morceau mettra un terme à cet inoubliable déplacement…

 

Cà c’est du final !!!

 

A très bientôt pour une transhumance « carnavalesque » dans d’autres Pyrénées…

 

Gégé

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